pas de ‘the’ ni de d’apostrophe avant le ‘s’, merci

1990s // Cookies

Rough Trade

lundi 11 juin 2007, par Frederic

T’en as marre des Franz Ferdinand et autres Arctic Monkeys ? Tu voudrais t’aérer les méninges, mais toujours écouter la même musique ? Pas de problème ! La solution du jour s’appelle 1990s et semble bien partie pour faire parler d’elle une fois qu’elle aura sévi en radio et, surtout, sur scène !

1990s était un nouveau groupe à la mode, on n’aurait aucune envie de s’y attarder. Mais il ne l’est pas encore. On ne sait même pas s’il va l’être, à vrai dire. Mais en attendant, on se dit que ça vaudrait peut-être le coup d’y jeter une oreille et on n’a certainement pas tort. Parce que la musique des 1990s est une pilule effervescente de bonne humeur et de bonne vieille pop contagieuse (et si on devait n’en retenir qu’un morceau, ce serait certainement "You’re supposed to be my friend".) Certes proche de celle de Franz Ferdinand (et pour cause, deux membres du groupes ont, il y a de cela quelques années à peine, formé avec Alex Kapranos et Paul Thomson le groupe Yummie Fur), cette pop se veut aussi abrasive que possible. On joue de la musique comme une blonde descend d’une voiture peut-on lire dans une interview récente. Mais encore ? C’est l’idée d’une cérémonie officielle, genre les Oscars, me répond Jackie. Cette blonde élégante et glamour, avec tous les paparazzis autour. Et pourtant, elle reste relax, plutôt à l’aise. Jamie rajoute : Ou alors elle trébuche. Et les voilà partis derrière une de ces tranches de rires dont seuls les Ecossais de Glasgow ont le secret : court, serré et… masculin.

Cookies . Personne ne parle vraiment d’eux parce que personne ne s’y est vraiment intéressé jusqu’ici. Mis à part les gars de Rough Trade. Qui ont eu le flair d’aller dénicher ses potes aux Franz dont les relents sont plutôt à chercher du côté des Rolling Stones que de celui des nouveaux groupes à la mode. On est des grands fans des Rolling Stones, m’assure Jackie. Et si certains disent qu’on sonne plus comme Franz Ferdinand, il faut pas oublier qu’on a joué ensemble et que c’est de là que ça vient. En fait, Franz Ferdinand et les 1990s sonnent comme les Yummie Fur. C’est plutôt ça qu’il faudrait dire.

Juste après l’aventure Yummie Fur, Jackie et ses deux comparses se sont retrouvés à accompagner Damo Suzuki pour certaines dates de concert. Et on s’est rendu compte qu’on aimait bien jouer ensemble, avance-t-il. On avait donc déjà joué ensemble avant la formation du groupe, mais jamais sous le nom de 1990s. Et de composer ces chansons à la limite de l’anachronisme, tant les paroles rappellent celles des débuts du rock n’ roll, quand des jeunes gars louaient les bienfaits des soirées, des filles, de l’alcool et, parfois, de la drogue. Je ne pense pas qu’on ait été influencés par ces groupes, me dit Jackie. Mais quelque part, on écrit la musique de la même manière qu’ils le faisaient alors. Et c’est chouette de revenir à ce genre de paroles. Ce sont des textes très joyeux. On n’écrit pas des chansons tristes parce qu’on n’est pas tristes sur scène. Notre musique ressemble la relation qu’on a entre nous : on rit beaucoup, on s’amuse beaucoup et on écrit donc des chansons qui reflètent ça. Les trois derniers morceaux (et plus particulièrement la fin de "Weed" et, surtout, "Situation") se distinguent pourtant du reste de l’album par une structure plus « progressive » et une humeur quelque peu différente. On a fait attention à ne pas dire douze fois la même chose sur le même album, m’assure Jackie. "Situation" en est l’exemple le plus extrême. Il est plus libre. Et quand on le joue sur scène, une fois qu’on a mis le chant de côté, on peut se lâcher totalement sur la musique. "Weed", de son côté, est certainement mon morceau préféré. C’est vraiment chouette de le jouer. Quant à "Arcade Precinct", avec ses « lala lala lalalalaaa » aux accents faussement naïfs, et dont je comparais le début à celui de "Wild Thing" des Runaways (à moins que je ne trompe carrément), il apparaît que le morceau a été écrit pour sonner comme la B.O. de Billy the Kid par Bob Dylan. Et des Japonais, par contre, m’ont dit que ça leur faisait penser à Lily Allen !, me confie à nouveau Jackie. De quoi se poser des questions.

Toujours est-il que voici enfin les 1990s lancés dans une première véritable tournée sous leur propre nom, et non plus comme première partie. On l’a toujours fait pourtant, même si on ne ramenait pas autant de gens, confie Jamie. Et Jackie de surenchérir : C’est pas très intéressant de jouer en première partie. La plupart du temps, les gens ne veulent entendre que le groupe en tête d’affiche, pour lequel ils ont généralement payé un ticket assez cher, et ils se foutent complètement de la première partie. Jouer sous son propre nom, c’est différent, mais ce n’est pas facile à faire non plus quand on n’a pas d’album à promouvoir. On verra d’ici deux semaines comme les gens réagiront. L’interview se termine sur cette note entre rire et porte ouverte sur un futur encore incertain qu’on imagine, et espère, fructueux en nouveaux morceaux aussi sulfureux que ceux pondus sur Cookies.

A visionner, le clip de See you at the lights.

Portfolio

Voir en ligne : 1990s

P.-S.

1990s sera au festival de Dour le dimanche 15 juillet 2007