25e Festival du film fantastique de Bruxelles

Ou comment survivre douze jours dans un univers pas vraiment normal

mercredi 11 avril 2007, par elea

Le BIFFF se déroule du 5 au 17 avril à Bruxelles (Tour & Taxis, Cinéma Nova, Musée du cinéma)

Le festival du film fantastique, ça ne s’improvise pas, soldat ! Il faut de l’entraînement, un minimum d’endurance, et une préparation psychologique d’enfer pour survivre à ces deux semaines intenses. Allez, plus vite que ça, on me répète ces hurlements, et avec conviction ! Pareil pour les rires gras. Et n’oubliez pas d’aiguiser vos critiques, faudra dégainer vite à la sortie : « peuh, tout pompé sur Massacre à la tronçonneuse… », « moi, les fantômes avec des cheveux plein la tronche qui avancent très lentement au fond des couloirs, je trouve ça dé-pa-ssé ».

Plus sérieusement, le BIFFF ça commence vraiment quelques semaines avant l’ouverture officielle. Pas pour être surentraîné et ultra-résistant, mais simplement parce qu’au fur et à mesure que la date fatidique approche, l’excitation commence à se faire sentir. On ressent cette soudaine pulsion : aller au video-club le plus proche et revenir avec une montagne de dvds louches, qu’on infligera à toute la maisonnée (parce que regarder un film d’horreur seul c’est peut-être mieux pour la concentration, mais c’est généralement nettement moins propice aux fous rire libérateurs). Alors on regarde tout et n’importe quoi, en vrac : les films événements de l’année passée qu’on a ratés, les classiques qu’on n’a jamais vu, les bizarreries cyber-punk nippones et les slashers bas du front. Si par malheur un de vos cohabitants ose suggérer de changer un peu de genre, il s’expose à vos regards furibonds et vos explications hystériques : Non, on ne louera pas ta comédie romantique, parce que oui, il est essentiel de voir Cannibal Holocaust et toutes les versions existantes à ce jour de The Hills Have Eyes.

Bref, on s’envoie tout ça anarchiquement, tout en épluchant fiévreusement le programme du festival : il faudra faire des choix, définir les priorités, et l’amateur de fantômes vaporeux devra faire des concessions s’il veut conserver l’amitié de celui qui ne jure que par les serial-killers texans.

Tout ça pour dire, au fond, que le BIFFF, on n’y va pas les mains dans les poches en attendant de voir ce qui va se passer. Aussi cliché que cela puisse paraître, l’évidence est là : c’est un événements pour des passionnés, qui frémissent à l’évocation d’obscures séries Z et se fendent inlassablement la gueule devant des films de genre. Une passion qui n’est pas incompatible avec le cinéma dit de qualité, mais qui s’engouffre avec un plaisir tout régressif au-delà de la frontière du bon goût.

Voir en ligne : site officiel du BIFFF

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