Aka Moon Vs. DJ Bigband

live au KVS

mercredi 14 mars 2007, par Frederic

Ils étaient treize aux tables, sobrement ouvertes en arc de cercle sur le public. Et trois, jetés dans l’arène creusée par ce sombre festin. Si les premiers, le [DJ Bigband->http://www.djbigband.com], représentaient un mauvais augure symbolique, les derniers, le trio jazz [Aka Moon->http://www.akamoon.com], se voyaient sainte trinité mise à mort dans le piège tendu par les premiers. Les deux entités en combat se rejoignaient cependant dans leurs musiques, tant symboliques que révolutionnaires dans le fond et la forme (« Mon Dieu, encore des musiques de sauvages ! ») Et le résultat fut bien à la hauteur des attentes.

Car le Théâtre royal flamand est loin d’être en rade d’un point de vue musical. S’il présente certes une majorité d’œuvres théâtrales, sa sélection musicale, toute modeste qu’elle est, frappe souvent juste et fort. Et présenter cette bataille de tous les diables (mise en place, au départ, à l’initiative du festival Jazz Middelheim), entre un DJ désormais haussé au rang de dieu du genre et les hérauts du jazz belge contemporain, n’est qu’un maillon d’un mouvement culturel entamé il y a longtemps déjà et, ah ! enfin !, à l’opposée d’un courant majoritaire de normalisation par le bas.

Le résultat de tout cela, me direz-vous ? Rien moins que quelques tableaux surprenants, parsemés au détour d’une musique vivifiante, subtile et facétieuse qui n’a rien à envier aux élans de ses origines. Ainsi, une entame au saxophone dans un brouillard/jungle sonore, des soli amenés intelligemment et sans esbroufe aucune, une chanteuse qui vient titiller le public (s’il en était encore besoin), une bataille entre un instrument et un des nombreux DJ’s, ou encore un chœur de platines qui résonnent dans les instruments débridés.

Si les mélanges de genres commencent doucement à se battre au portillon, peu d’entre eux valent réellement la peine d’être entendus. Beaucoup veulent ainsi jouer les nouveaux messies dans un monde lassé du surplus d’informations de tous types. Certains, cependant, tracent leur route modestement, aux croisements des allées d’où jaillissent les éclats de génie de ces artistes novateurs et influents.

Et je crois bien que je m’y suis perdu ce soir.

Voir en ligne : KVS

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