Benni Hemm Hemm

Morr Music

mardi 21 novembre 2006, par Frederic

Eh ben voilà ! On nous annonce de la pop, de la jolie pop, on met l’album dans le lecteur et ça commence par quoi ? Je vous le demande ? Un morceau instrumental, prends-toi ça dans les dents. On passe à la deuxième et sur quoi on tombe ? Paf, un langage incompréhensible, sorti d’un monde de guimauves et bonbons roses !

Il faut dire que la pochette invite à l’étourdissement : un cornet et trois boules de glaces, qui coulent légèrement, mais juste assez pour sortir la langue et lécher de bonheur. Benni Hemm Hemm, en fait, c’est vraiment ça : approchez la langue (ou l’oreille), et gouttez. Vous ne pourrez bientôt plus vous en passez !

Quel petit bonheur, déjà, de se lancer dans un album pop par les voies "déviantes" ! On oublie, l’espace d’un instant, ces éternelles structures ressassées et on se concentre sur une allégorie de la chanson parfaite. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ces Islandais (eh oui, encore des Islandais...) s’amusent avec des mélodies qui tournent à la tête et nous déposent plus que rapidement sur un joli petit nuage sucré. Une ballade cuivrée en entrée, suivie d’une langue (l’islandais, évidemment) "tournée à la rigolade", utilisée pour ses aspects les plus ludiques (d’un point de vue phonétique, en tout cas - je ne comprends malheureusement pas un traître mot de ce qui est dit), et des orchestrations ceinturées juste où il faut pour ne pas tomber dans le mièvre. On pense, bien évidemment, à l’intelligence de Belle & Sebastian, mais Benni Hemm Hemm ajouter à tout ceci un côté chaleureux qu’on ne pourrait, à la limite, retrouver que dans une cabane en bois, avec ses quelques amis, trois trompettes et deux guitares. Attention, cependant ! Nous ne sommes pas ici dans une veillée de scouts ! Loin de moi l’envie de faire passer cette impression. Non, non. Benni Hemm Hemm s’inspire autant de cette chaleur précédemment évoquée que d’un esprit pop libre et badin (notamment sur "I can love you in a wheelchair baby"). Et puis quand on se laisse avoir, le groupe s’évade dans "Fight" histoire de nous prouver qu’il peut aussi jouer les brises-coeurs. Le morceau prend des airs plus "américains", mais garde pourtant cette petite touche artisanale, avec un ou deux choeurs en toile de fond. On s’enfonce donc dans les méandres d’une pop joyeuse et légère qui n’a d’autre but que de séduire. Ce qu’elle fait d’ailleurs avec grande maîtrise.

Voir en ligne : deux boules hemm hemm, sivouplait

Rubriques

Dans la même rubrique