Cecilia ::Eyes // Echoes From The Attic

autoproduction

mardi 26 décembre 2006, par Yannick

Le point focal de saturation des confluences post-rock s’éloigne in extremis. L’ennui (l’écœurement ?) et/ou le stade de non-retour n’ont pas encore été atteints cette fois-ci et l’on reste coi devant tous ces petits disques un rien salopards qui font reculer à menues enjambées le moment décisif où la moindre évocation post... (quelque chose) ne suscitera plus qu’indifférence (au mieux) et écœurement.

En attendant, ce disque, un EP de 6 titres, bêche tranquillement son lopin d’autonomie dans un terreau (écossais) vendu actuellement par sacs de 50kgs. Si Joe Dante tire la gueule depuis que ses ridicules nounours animés ont, dans l’ imaginaire commun, cédé la place à un gang anti-glamour (M....I, pour les nuls), pourvoyeur de sensations soniques en tout genre, le rock s’est fendu d’un vocable de plus (post) et offert un nouvel espace de jeux, rapidement confondu par certains avec un bac à sable.

Le terrain est donc balisé, mais en plus d’en connaître les moindres reliefs, Cecilia ::Eyes propose, en toute discrétion, des itinéraires de ballade avec quelques points de vue inédits ou entr’aperçus sous un angle neuf. Exit donc la trop classique promenade à travers les montagnes russes et sa monotone alternance entre les temps d’effort (boucan) et de relâche (calme). Place aussi à quelques détours du côté de ruines (?) encore vivaces dans le paysage actuel. Quand le ciel vire à l’anthracite, il n’est pas rare d’y deviner l’ombre furtive d’un rescapé de la cold wave des origines (une noirceur de fond peut être héritée du Cure des périodes "Faith" & "Pornography" ?), et quand la basse a des fourmis dans les jambes ("Play") ou que le chant s’invite au raout ("The Airscrew/Parts 1 & 2" avec la voix de Johanne Lovera), ce sont comme deux (trois ?) pans du rock indé, séparés d’une quinzaine d’années qui viennent d’opérer leur jonction. The Cranes meets Slowdive meets Tara Jane O’Neil conclurait l’abonné aux raccourcis pépères.

Ceux-là même qui auraient tartiné Mogwai (zut c’est sorti), Mono, Explosions In The Sky, Sweek ou Motek pour ce qui est d’une actualité belge et récente, là où il est trop peu courant d’y voir figurer Billy Mahonie (oubli incompréhensible), Milgram (de Dunkerque), ou encore Tom Sweetlove.

C’est peut être ça le mystère entrevu par les yeux de Cecilia ::Eyes, donner à (re)voir ce que l’on croit connaître de fond en comble ?

A Confirmer.

Voir en ligne : http://www.ceciliaeyes.be/

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