BIFFF, les 16 et 17 avril 2007

Conclusion : voisins tueurs, quatrième dimension

jeudi 19 avril 2007, par elea

Sans qu’on l’ait vraiment vu venir (trop occupé par le festival Domino à l’AB, en fait), la fin du BIFFF est là, et il ne reste que deux petites soirées.

On commence par faire ses adieux aux Nova avant terme, avec The 4th dimension. Les réalisateurs Tom Mattera et Dave Mazzonni (d’ailleurs présents et fort sympathiques dans le style étudiants en cinéma ‘ricains qui ont longuement fantasmé sur les salles européennes décrépites) sont fortement sous influence et ne s’en cachent pas, leur film est imprégné de Lynch et de Darren Aronofsky jusqu’au dernier tour de pellicule. Le parallèle avec Pi est frappant : il s’agit d’un génie qui flirte dangereusement avec la folie, dans un noir et blanc rugueux aux relents métaphysiques. On l’aura compris, tout cela ne remportera pas la palme de l’originalité, mais s’avère suffisamment brillant visuellement – dans un genre poétique et apaisé plutôt qu’épileptique – pour ne pas ennuyer. On en ressort rêveur, un peu surpris par les couleurs du vrai monde.

Avec le lendemain vient déjà la séparation définitive : c’est la grande soirée de clôture à Tour & Taxis. Après une cérémonie de remise des prix franchement poussive, pas du tout à la hauteur des ambitions de grandeur affichées par le déménagement (mais amusante par son côté potache, improvisée sans complexe), on se quitte avec Disturbia de DJ Caruso. Voilà bien une grosse machine, qui vise ouvertement les ados mais reste néanmoins plaisante, grâce à des rebondissements bien menés, mais surtout à un méchant terriblement convaincant. Il est question d’un sale môme assigné à résidence qui, en se découvrant une passion pour l’espionnage de voisins, croit découvrir que l’un d’eux est un serial-killer. Au fond, on se retrouve un peu devant un épisode de The O.C. qui aurait dégénéré, avec ses bataillons de jeunes crétins diablement cool (et la bande-son alternative qui va avec), de belles blondes plantureuses-mais-super-intelligentes, de parents compréhensifs mais néanmoins dotés de principes moraux, le tout mâtiné de hautes technologies sans lesquelles le film ne tiendrait pas la route. Bref, cela suscite suffisamment de frissons et de sourires pour qu’on pardonne au film son parti pris aguicheur.

Un dernier verre, et on quitte le BIFFF sur l’agréable sentiment des choses accomplies. Le déménagement semble globalement réussi, l’ambiance toujours conviviale (même si l’espace et les courants d’air jettent parfois des froids). On a une pensée attendrie pour le cinéma Nova, encore plus ovni que son parent de grande taille. On garde dans un coin de la tête le regret que les concerts n’aient pas été accessibles gratuitement aux détenteurs d’un ticket de cinéma – déjà tellement occupés par les films qu’ils n’étaient pas tous prêts à consacrer de précieux instants à la musique. Et même si, oiseau de mauvaise augure, on pressent bien que le BIFFF sera probablement bientôt victime de son succès (trop de monde ? des prix qui s’envolent ?), on signe déjà en pensée un contrat avec le diable pour l’année prochaine.

P.-S.

[Voir tout le palmarès.->http://www.bifff.org/index2.php ?taal=2]

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