DaddyLonGlegZ // Sampler 5 titres (2005)
Somo Noco
mercredi 26 décembre 2007, par
Une vraie histoire de dingues ! Autant pour l’inexcusable chronique hors délais que pour l’histoire mouvementée de ce groupe lillois, sans parler de la musique elle-même !
Déjà ladite démo (en fait la mouture de leur album "Unexpected Landing" sortie fin 2005, onze pièces musicales dont seules cinq portent un titre ) emballée dans du papier recyclé (louable initiative) gratifié d’un post-it couvrant le nom de la formation qui égale mes propres performances en matière de calligraphie librement interprétative, a "bénéficié" d’un courant ascendant favorable résultant d’une tentative résolument farouche de la part de l’auteur de ces lignes, de rétablir un semblant d’ordre dans le souk des CD en attente de chronique(s).
A cela s’ajoute le dédale tortueux d’un parcours qui n’a rien d’une traversée des Flandres Françaises à vélo par beau temps pour un DaddyLonGlegZ, sextette né à la fin du siècle dernier et passé à 5 personnes au prix (?) d’un changement d’appellation : DLGZ répond à présent au doux nom de DLGZ rock 5tet. Peut être pour parer aux désagréments d’une homonymie prompte à réveiller chez certains des démangeaisons de procédures judiciaires intempestives mais un cauchemar pour les mémoires courtes et envois de SMS (texto pour nos amis d’Outre-Quiévrain). Une transformation qui équivaut à une rupture, la biographie ne fait pas mention de l’incarnation précédente de la troupe et évoque seulement la sortie d’un maxi paru en 2007 ("Rock Music Of Our Own"), prélude à un album à venir courant 2008.
Et pour la musique, c’est encore une autre paire de manches. Un machin-truc assez gonflé, syncrétique au possible - pour lequel le mot fusion serait parfaitement approprié s’il n’avait pas été accolé dans un passé récent à tant de grossièretés – et qui tient, presque par miracle vaille que vaille sur ces pattes. Jugez plutôt. Dans DLGZ (cuvée initiale), le jazz s’emmêle les pattes avec le rock sans s’affaler sur le sol, le dub batifole avec le prog en justes noces (une première), l’electro joue à chat perché avec la jungle et/ou l’ébauche de ses rejetons bâtards (dubstep, grime...) et au détour d’un titre, se pointent quelques inclassables de la pop borderline comme on les aime : (feu) Soul Coughing, le Him versus Doug Scharin, Isotope 217... Mais là où 95% des démiurges en (de l’) herbe du même acabit se vautrent dans des assemblages mi-créature de Frankenstein mi-château de cartes qui volent en éclats au moindre courant d’air (frais), DLGZ tient le cap une bonne heure durant, alternant longues envolées instrumentales tourbillonnantes et passages chantés voire psalmodiés un rien plus apaisés (curieux, la gémellité des voix de Stephane Hayes et de notre Sharko national !?) dans une surprenante fluidité non démonstrative et avec un sens inné des équilibres qui ne peut s’ expliquer que par la nature viscéralement scénique du gang lillois.
Une surprise qui, transposé à un canevas temporel et radiophonique de 3 minutes s’apparenterait à joli un tour de force. Vaut bien un effort de mémoire !
Voir en ligne : DaddyLonGlegZ