Erwan Pépiot // Over The Raindrops

Autoproduction

vendredi 4 janvier 2008, par Yannick

Faut s’accrocher pour suivre Erwan Pépiot dans les ornières de son electro pop rêche à souhait. On n’a souvent envie de le planter là. Et puis on s’aperçoit qu’on ne peut plus faire demi-tour.

Jeter un oeil sur son site ne lève pas l’ambiguïté mais on n’est plus enclin à penser que qu’Erwan Pépiot a choisi sa condition de "lo-fiste" bien plus que celle-ci ne s’est imposée à lui par la force des choses (pauvreté des moyens... le refrain est connu). Les informations à glaner sur un beau fond bleu schtroumfs hivernal sont des plus sommaires et ce disque-ci, paru en 2005 est toujours le dernier à mettre à son actif. La seule nuance venant qu’une version sérigraphiée de la dite plaque devrait être disponible bientôt via le label Ohayo Records. Mais quid pour l’heure !

Dès le premier contact, on se frotte à un ascétisme presque retors, tant dans les moyens (en gros, une voix, une guitare acoustique et une ou deux machines rudimentaires) que dans leur mise en oeuvre. C’est frontal et sec comme le désert, mais chaud et accueillant comme un bout de Sibérie en décembre ! A côté "La Fossette" de Dominique A, c’est de la samba brésilienne et Arab Strap du Fernand Raynaud écossais. Et pourtant tout ceci relève rigoureusement du domaine de la pop (électronique), rien qui ne partage le plus petit grimage avec toutes ces musiques de marchands de cafard qui (se la) jouent à fuir le soleil.

Dans la chanson ( "Over The Raindrops") qui porte le même nom que l’album, on reconnaît une figure tutélaire, Ian Curtis, même si ce titre fait davantage New Order que Joy Division. Plus loin, c’est Lou Barlow et ses doubles de Sentridoh qui s’amusent à jouer sur des pirates instrumentaux de Suicide et d’Aphex Twin ("Uselessness") et à moult reprises j’ai cru à la dissolution de Calla et envisagé l’existence d’un album solo de son leader.

D’une curiosité un poil masochiste teintée d’une forte envie de se frotter aux limites (voir jusqu’où aller) de soi-même, on glisse vers une sorte de fascination étrange, sans qu’on sache très bien si c’est par attirance naturelle pour le bizarre ou par défi de se cogner à des choses "qui résistent".

Et comme notre homme sait ce que patience veut dire, on se permettra de lui conseiller d’ajouter un peu moins de yaourt dans son Anglais et d’essayer de se faire des amis...

Voir en ligne : Erwan Pépiot

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