Fire Engines // Codex Teenage Premonition

Domino Records

lundi 22 janvier 2007, par Yannick

En voilà qui ont de la suite dans les idées ! Chez Domino, on garde la tête froide et l’on n’oublie pas d’où l’on vient. Pas question de dilapider le pactole en caisse en dépenses somptuaires et autres expéditions exotico-chimiques (voir à ce sujet l’instructive seconde moitié de "24 Hour Party People" de M.Winterbottom, ou comment mener une mine d’or à la banqueroute), et tourner le dos à ses potes et origines et s’embarquer dans des noubas sans fin. Ici la janséniste devise semble paraphraser une bonne vieille scie du patrimoine chansonnier francophone : "Tout Pour La Musique..."

On sait aussi ce qu’on doit à sa poule aux oeufs d’or, Franz Ferdinand, groupe qui ne feint à aucun moment d’ignorer d’où il est issu et à qui il le doit. A cette météorique scène dite Postcard (du nom du label), qui fit, dès l’aube des 80’s, de Glasgow une place forte érigée au bon gout rock et pop (c’est toujours le cas en 2007). Et sans entrer dans le détail (Nameless, c’est quand même pas Classic 21 !), si le dico a, depuis des plombes, ouvert ses interlignes à Orange Juice et Josef K (qui seraient plus à l’aise dans les tops d’aujourd’hui que dans ceux de leur époque), il se tâte encore sur la juste place de Fire Engines : épiphénomène sympathique ou candidat malchanceux à une réhabilitation qui se fait tirer l’oreille.

Des oreilles qui sont sollicitées pour leur indulgence sur ce Codex Teenage Premonition, un disque bâtard et anémique, constitué de quelques démos et d’extraits live, le tout relié autour d’une qualité sonore qui ferait fuir l’étudiant en son le plus bisseur de son école.

On devine bien tout le potentiel d’un "Get Up And Use Me", accessoirement l’une des reprises fétiches des F.F. sur scène, l’élégance racée d’un "Meat Whiplash" ou l’entrain communicatif d’"Everything Roses...", mais livrés comme les 15 titres de cet album, dans des conditions d’écoute qui nuisent rapidement à ce travail de repêchage qui ne tarde pas à... faire plouf !

Néanmoins, il n’est que justice de reconnaitre Fire Engines comme un acteur musical non négligeable, et non comme un simple suiveur toujours sur les bons coups pour encaisser les dividendes sans avoir engagé de mise de départ. Dépourvu du romantisme naturel d’Orange Juice et du jusqu’au-boutisme de Josef K (indubitablement le nom que l’histoire retiendra), Fire Engines paiera avant tout les pots cassés d’une existence trop brève (2 années à peine). Car, à l’aune de cette énergie punk non frelatée, de ces rythmiques cyclothymiques ou psychorigides, de ces guitares aigrelettes traitées sans ménagement, et de ces chansons maladroites mais miroitantes de candeur et parfois de génie, se profile vaille que vaille le modèle type de l’indie pop song. L’idée d’une hasardeuse collision pop/punk/funk, hâtivement mythifiée par une légendaire compile (C86, enfin en CD, mais encombrée de trop de scories) quelques années plus tard, mais à l’œuvre comme principe actif dans 2/3 des groupes pop de cette dernière demi-décennie.

En conclusion : allez-y mollo (et pas au casque) mais allez-y quand même !

Voir en ligne : http://www.thefireengines.com

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