sur les planches du Varia

Fucking Boy / J’ai gravé le nom de ma grenouille dans ton foie

par Utopia 2 et Clinic Orgasm Society

jeudi 1er février 2007, par Frederic

En express parce que je n’ai pas beaucoup de temps pour écrire mais quand même parce que je trouve que c’est important et qu’il faut enfin sortir de chez soi et aller au Théâtre Varia !

Enfin, bref. Je n’ai jamais été un grand fanatique des planches. Quelles qu’elles soient, elles m’ont souvent appris l’ennui et l’envie de fuir, malgré le respect que je leur accordais néanmoins. C’est donc une relation paradoxale, entre le j’adore et j’abhorre, dont le dernier élément prend la plupart du temps le dessus. Rares en effet furent les spectacles qui remportèrent chez moi un quelconque succès d’estime. Je ne suis pas bon public, mais le revendique et l’assume. Le Théâtre Varia, à Bruxelles, m’a cependant sorti de ma torpeur en une seule petite soirée. En cause : deux spectacles, au nom attirant l’un que l’autre.

Fucking Boy. Ou comment se construire une identité dans notre société moderne, aveuglé par la génération MTV, les média omniprésent et les culpabilités sociétales permanentes. Comment, surtout, ressentir la mobilisation que tout un chacun peut adopter face à une situation qu’il estime injuste ? Le tout mis en scène par Armel Roussel, apparemment (je dis apparemment parce que je n’y connais encore rien dans le milieu) reconnu pour ses mises en scène pour le moins éloignée d’un certain minimalisme radical. Bref, on s’en prend plein la gueule, on joue des caricatures et de l’humour facile mais qui fait rire quand même (l’interprète bonniche en langue des signes : on a beau s’y attendre, elle a néanmoins l’intelligence de ne pas verser dans la caricature de la caricature et on se dit que ça, ce n’est finalement pas si facile que ça… et donc on rit) et on termine par une explosion dans ta gueule en veux-tu en voilà que tu te souviendras du spectacle et que même tu reviendras le voir au premier rang, mais avec ton parka.

J’ai gravé le nom de ma grenouille dans ton foie->http://www.margaritaproduction.be/_NL/CLINIC/INTRO.html]. Par la Clinic Orgasm Society. Le nom de la troupe ne m’était pas étranger. Et j’apprends en effet pendant la soirée qu’il s’agit de ces gaillards que j’avais honteusement ratés lors de la Nuit blanche de Flexa Lyndo au Théâtre royal de Namur, en décembre 2005. Je m’assieds. Le spectacle débute. La première moitié de la pièce me laisse quelque peu dubitatif. Je rentre néanmoins dans l’univers construit par les deux comédiens tout en m’enquérant de cette demoiselle qui traîne sur scène à filmer un peu tout ce qui passe à sa portée. Puis vient la moitié de la pièce. Les deux comédiens arrêtent leur ramdam pour se poser et narrer le début d’une histoire. Qui n’est autre que le miroir visuel de la première partie. Je n’en dis pas plus, histoire de conserver la surprise, mais crie haut et fort qu’il faut aller voir la grenouille dans ton foie ! Parce que tout est enfin révélé par ce miroir, tout prend sens et le récit trouve finalement sa justification. Je suis resté littéralement scotché pendant toute cette deuxième partie. Complètement ébahi par la maîtrise technique tant des régisseurs que des comédiens. Un spectacle bi-média total, où la vidéo rencontre la performance pour créer autre chose que qu’un simple effet accessoire.

En deux spectacles, le Théâtre Varia m’a donc réconforté et donné envie d’en voir plus. Prions pour que la programmation reste longtemps à cette hauteur-là. Pour sûr que j’y retournerai.

Portfolio

Voir en ligne : http://www.varia.be

P.-S.

Photos : "Fucking Boy" - Jacques Verees // "J’ai gravé..." - Clinic Orgasm Society

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