Gâtechien - Trois
Niveau d’écoute conseillé : fort.
mercredi 7 février 2007, par
Il y a longtemps que cet album trône sur les piles de disques qui me font de l’œil. De leur musique alors incrustée jusque dans les quatre murs qui m’entourent s’échappent ces quelques lignes. Gâtechien mérite un sérieux détour par l’intérieur des fondations.
Les couches successives forment le ciment harmonique, la résonance remplit n’importe quel solide qui se met aussitôt à vibrer au son de cette basse vrombissante. L’élastique est tendu et peut craquer à tout instant, déchirant ainsi l’air ambiant d’un énorme cri. Le premier homme s’esquisse tandis que l’autre cadence cette énorme machine tremblante. Trois nous fait osciller de la tête au pied et s’empresse parfois de casser net la variation de l’onde, pourtant merveilleusement dessinée et c’est ça qui pète dans la musique de Gâtechien. En tout point, elle permettra à tous ceux qui sont professionnels en « imitation bassiste », quand la fin de soirée n’est pas encore annoncée, de se déchaîner à fond. A coup sûr, tout le monde devient bassiste imaginaire en quarante minutes chrono.
Les deux comparses n’en sont pas au tir d’essai et ce Trois est bel et bien le plus construit tant il vous colle aux méninges. Du bon gros riff à l’hymne chanté, je vous le dis, ça cartonne ! T, une troisième plage complètement dévastatrice, est fascinante pour la grâce et la fulgurante énergie qu’elle entrecroise. E, l’avant dernier titre s’étire dans toute sa longueur pour nous emmener ailleurs. Pourtant on reste là, sans bouger avec au coin de la bouche ce léger amas humide qui caractérise la bouche bée. A conseiller donc dans n’importe quelle situation où la sensation de n’être qu’à moitié éveillé vous empare. Ou dans toutes les crises de sommeil prolongé au-delà des seize heures.
Voir en ligne : http://www.gatechien.tk/