Gomm // 4

PIAS

samedi 9 juin 2007, par Frederic

De Gomm me reste en tête un concert follement dansé au Bear Rock Festival, un morceau fiévreux et entêtant ("I need"), une identité visuelle hyper soignée et une interview toute en douceur, effectuée à Namur, avant leur concert en ouverture des Girls in Hawaii. Depuis, plus rien. Enfin si, j’avais entendu qu’un album était sorti ("Destroyed To Perfection"), mais je n’avais pas pris la peine de me pencher sur son cas.

Et puis voilà le numéro 4, qui me tombe entre les mains suite à un échange de mails avec Marie, la chanteuse claviériste. Et le bonheur de constater à nouveau la véracité de Lavoisier : rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.

Et la transformation, on peut dire que Gomm la connaît de manière plutôt subtile. Car si 4 sonne comme une réplique à l’identique de l’image que j’en avais il y a quelques années, l’album n’en manque pas moins d’étudier encore plus profondément le rapport de tension entre un post punk hystérique, un rock couillu à souhait et des paroles en français/anglais répétitives et, à la limite, vindicatives quant à certaines relations humaines (J’en ai assez, j’en ai assez de mesurer mes propos […] ça devient trop lourd à porter sur "I feel off".) On pourrait même penser, quelque part, à une sorte de petit frère des défunts Diabologum (snif…) tant la verve nerveuse du groupe se veut outrancière et communicative. La voix de Marie, loin de celles de Michel Clou et Arnaud Michniak cependant (et heureusement, quelque part), se voile d’un quelque chose charmant entre Lio et Deerhoof. Quand s’y ajoute celle d’Olivier, batteur de sa fonction, beaucoup plus revendicative, sous forme de slogan balancés par-dessus ses fûts, l’alchimie prend comme rarement et on connaît alors un mélange sulfureux auquel peu d’esprits peuvent encore résister. Leurs avancées en territoire progressif, comme sur "To be your friend", se voient teintées de touches déraillées, comme si le morceau était attaqué par je ne sais quel vaisseau issu d’une saga invisible de Star Trek, et la tension à son comble ne trouve aucun échappatoire. Sinon la fin même du morceau. Mais le suivant arrive déjà et l’assénement basique basse-batterie reprend le dessus, soutenu de loin par une guitare aiguisée et un clavier hypnotique comme jamais. Rien à dire, Gomm est bien de retour et certainement pas prêt à décevoir.

Comme si "I need" avait fait des petits et qu’ils grandissaient tous maintenant, indépendants de papa et maman, mais arborant toujours cette frimousse bien typique qui fait qu’ils sont bien de la même famille.

Voir en ligne : Gomm

P.-S.

Gomm sera au festival de Dour le samedi 14 juillet.

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