Guillaume Ledent & Dîne A Quatre Orchestra // Guillaume Ledent & Dîne A Quatre Orchestra

Reshape Music/Hysterias

dimanche 15 avril 2007, par Yannick

Fortiche ce disque. D’habitude, ce genre d’albums, de la chanson française "artisanale" comme on n’en fait plus, fait un stage très temporaire dans mon lecteur et regagne sa pochette pour une durée nettement plus indéterminée. Et là, il s’est accroché...

Pas de quoi cependant fouetter le pédigrée d’un indécrottable audiophile attardé dans la chose rock et dont le pourcentage de plaques en langue de Voltaire navigue (par rapport à l’ensemble) entre l’insignifiant et le dérisoire. Mais pas maldonne non plus dans la rédaction tardive de cette chronique d’un disque paru en 2005 (le nouveau est en route), arrivé en douce ici ’y a pas si longtemps, après avoir sans doutes suscité quelques débats sur sa juste place dans ses pages (électroniques).

Et puis ça bute sur une pochette et une présentation qui, sans être rédhibitoires pâtissent d’un effet de trop plein, annihilant là les quelques traits d’un humour léger mais pas béat (détournement de petites annonces...), neutralisant ici l’effet humoristique d’une grille-jeu destinée à faire plus ample connaissance avec l’auteur et ses potes (dont il vient d’ailleurs de se séparer), et pire, rendant exagérément ardu le suivi des textes un peu paumés au beau milieu de tant d’écritures.

Perdu, c’est aussi ce que semble être Guillaume Ledent dans son époque. 100% bio, ces chansons qui jouent à cache-cache avec l’électricité. Y a de la flûte, du saxo, des cuivres, du violoncelle, du piano, une mini fanfare (...), un jeu de guitare acoustique étrenné sur des partitions légères de Django Reinhardt et de courtes captations de tranches de vie placées secrètement aux entournures de comptines comme pour ne pas leur ficher la trouille.

La nostalgie, cette vieille rombière, n’a pas été invitée au raout et c’est tant mieux ! Sans elle, la différence entre légèreté et préciosité garde tout son sens et quand Ledent égrène ses petites tranches de vie mi-rêvées, mi-poétisées, il le fait plus facilement en habits de conteur (la frontière parler-chanter reste floue) qu’en frusques de chanteur. Et s’il fallait vraiment se livrer au jeu des comparaisons, on imaginerait un Julos plus Louis Chédid que Beaucarne (moins radoteur donc), mâtiné d’un William Sheller retombé de ses phantasmes de compositeur pour taper le bœuf en compagnie d’un folk band local.

Une foule de détails (de mots, de références...) pittoresques lui interdit l’accès au banc de touche des chanteurs sympas, familiaux mais finalement niais, qu’on écoute parce qu’on n’est pas obligé d’entendre. Essayer donc d’entonner "Coraline" dans une église malgré le rôle central donné à un curé chevalier-servant ou de ne pas rire de cette discrète balafre faite au chanteur Sarkosien Michel Sardou en toute fin de "Pardon Petite".

Et puis ça fonctionne encore, deux années plus tard...

Voir en ligne : Guillaume Ledent

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