Vite avalé, vite consommé.
Klaxons
Ancienne Belgique, le 5 mars 2007
samedi 10 mars 2007, par
Klaxons ? D’accord, j’aime bien. D’abord de manière tout à fait superficielle, j’aime bien l’idée qui tourne autour (appelez ça le concept commercial si vous préférés) : new-rave, fringues fluo, gamins sous MDMA… C’est drôle et minable, ça ressemble à une nouvelle d’un quelconque écrivain trash, un peu nulle mais qu’on lirait quand même pour le plaisir primaire et instantané. Puis j’aime bien leur univers un peu ésotérique, leurs références à Pynchon et Ballard (soudainement je me sens lettrée). Et leur musique, je l’aime bien quand même, au moins un peu, sinon tout ça n’aurait aucun sens. Je ne dis pas que leur album est bouleversant, mais c’est un moment de pop actuelle pas désagréable, et peu importe si on l’oubliera d’ici quelques mois. Mais ce que j’aime bien, surtout, c’est la projection d’une personnalité imaginaire qu’ils suscitent en moi : j’aurais pu avoir quinze ans dans une ville pourrie d’Angleterre, et faire des Klaxons mon groupe préféré. Dans cette perspective fictionnelle – à laquelle je crois comme on peut croire toutes les histoires qui se racontent – j’aurais pu faire de la collection de glowsticks un accomplissement personnel, voir dans des nuits passées à danser sur des beats plus ou moins stupides un but en soi. Jusqu’à la mode suivante, évidemment.
Bien entendu, tout cela n’existe pas, et la réalité est nettement moins glamour : arriver à l’AB avec un mal de tête décapant et une fatigue poisseuse, râler en découvrant que le concert se déroule dans l’AB Box (… je suis assez naïve pour croire que, quand c’est écrit club sur mon ticket, la chose se fera effectivement au Club, sale plus petite et donc éminemment plus sympathique), vaguement constater que Piano Club a pris une certaine envergure depuis la dernière fois (tout ça grâce à une reprise bien troussée de Nelly Furtado) mais que ce n’est toujours pas ma tasse de thé, bref, réunir toutes les conditions idéales pour une soirée naze – même pas d’une nullité éclatante, juste d’un inintérêt banal.
A ma grande surprise, les Klaxons arrivent néanmoins à se débrouiller dans cette situation critique. Ils commencent fort avec The Bouncer, toutes guitares dehors là où on pouvait s’attendre à quelque chose de léger, de dansant. Je guette le moment creux qui me permettrait de sortir quelques minutes siroter une bière et donner un peu de répit à ma migraine… En vain. Tout le concert se passe sans la moindre relâche d’énergie. Tout le concert, c’est-à-dire quarante petites minutes (sans rappel), à peine le minimum légal. Cette brièveté provoquera d’ailleurs pas mal de mécontentement, mais elle me parait plutôt coller à l’hédonisme un rien futile professé par le groupe : ça joue fort, vite, ça se gobe sans trop réfléchir pour un maximum de sensations, et peu importe ce qui se passera après.
Voir en ligne : klaxons.net