Okay // Low Road
Ruminance / Pias / Mandaï (Belgique)
dimanche 3 décembre 2006, par
Marty Anderson, déjà connu pour ses collaborations avec Kenseth Thibideau (Pinback, Rumah Sakhit) au sein de Howard Hello ainsi que pour ses deux albums à la tête du groupe Dilute, est l’intriguant personnage caché derrière curieux nom de guerre « Okay ».
Atteint d’une maladie chronique de l’estomac (forme rare de la maladie de Crohn) le gaillard est contraint à l’isolement et condamné à l’incommodité. Que faire d’autre, alors, que de se ressasser des idées apocalyptiques et cafardeuses et d’en faire des chansons, lorsqu’on est coincé dans son appartement, à Oakland, relié à une intraveineuse ?
Low Road est un album intimiste, minimaliste, aux mélodies naïves et mélancoliques. C’est simple, souvent répétitif et efficace. Mais le génie de Okay réside moins dans l’efficacité « pop » de ses compositions que dans son habilité à mêler celle-ci à des émotions propres, effervescentes, poignantes, le rapprochant du style lo-fi d’un Daniel Johnson ou d’un Sparklehorse (« Oh » en étant un exemple parfait). La voix de Marty Anderson est probablement la plus indocile, friable, singulière et troublante que j’ai entendu jusqu’ici, exception faite par celle du brave Camaron de la Isla et du Père Fourras.
Amer comme une cuillère de miel, doux comme un demi pamplemousse, le premier album de Okay est riche, fragile et honnête.
Voir en ligne : http://ruminance.free.fr