Radius System // Work In Progress
autoproduction
lundi 2 avril 2007, par
Une chose est sûre. En baptisant leur troisième sortie "Work In Progress" (parution en 2005), les Parisiens de Radius System pointent une caractéristique que l’on retrouve à chaque étape de leur travail : le changement. Oeuvre en chantier ?
Pour le reste, on veut bien accorder du crédit aux informations qui abondent dans ce dossier de presse, l’un des plus élégant et complet (mais pas bourrage de pif) qui me soit passé dans les pattes. Ce duo passé progressivement à 4 (3 hommes et une fille) fait part de son "passage à l’acte" musical qui se traduit par un lent mais irrépressible basculement depuis l’indus-metal des débuts (tendance Pitchshifter, NIN) vers les sphères "post metal", option Cave In première époque, avec au passage, une utilisation de plus en plus dominante de l’"équipement de base" rock (guitares, basse, batterie). L’électronique restant en soutien, indispensable, partout présente mais nulle part postée seule à l’avant-plan.
Un cheminement dont Work In Progress constitue la troisième étape, après "Influence" (2003) et "Changes" (04), qui les conduit aux confins d’un rock flou mais dense, tenté par la synthèse (globale ou partielle) mais toujours partant pour de nouvelles odyssées.
Il y a du Refused ("Excitement Of The Senses"), quelques relents pas trop gênants de metal un peu groovy ("Comalys"), un poil groggy ("Alone Or Pretending", plus Filter et NIN que Deftones à vrai dire), des plans emocore (Thursday au chevet de "Vision Of Collapse") de l’époque où ce mot n’était pas encore tombé dans le jargon des garçons coiffeurs, et une toile de fond sonore qui est à peu près la même que celle de ces groupes (Oceansize, Radiohead) qui nous refont quelques plans prog ("Washed Out") sans trop avoir l’air de le savoir.
Malgré ses petits moyens (?) mais bardé de conviction, Radius System monte pépère sa mayonnaise sonore un rien casse-gueule, évitant piège de l’aseptisation (le genre se vend par paquets de 12), et le syndrome du premier de classe (à force d’être bon en tout, on n’excelle plus en rien) mais ne laisse à aucun moment le diktat de l’intellect prendre le pas sur l’émotion.
Néanmoins, pareil alambic demande une signature vocale immédiatement identifiable, forte et élastique, chose qui sur "Work In Progress", en regard de son titre, se révèle aussi comme un terrible aveu de faiblesse. Ou alors comme un appel à franchir le pas de l’amateurisme... Rendez-vous au premier album "officiel" ?
Voir en ligne : Radius System