Semyorka // Happiness For Sale (EP)

Mangrove Records

mercredi 21 novembre 2007, par Yannick

Après une écoute d’environ 2 minutes, on a failli écrire "commence comme du Garbage, finit de la même manière..." Heureusement, on s’est ravisé en cours de route !

D’un morceau à l’autre les étiquettes qu’on cherche à coller sur la tronche des nouveaux venus glissent et disparaissent pour laisser la place à d’autres. C’est bon signe même si la tonalité générale de ce disque sorti en 2006, probablement à compte d’auteur sur un label monté rien que pour eux, peut se conjuguer au passé antérieur et nous ramène à ce moment très particulier de l’histoire du rock où l’alchimie homme (femme)/machines était la norme et le groupe Américano-Ecossais, aux côtés de Massive Attack, l’un des plus crédibles aspirants au trône...

Bien évidement, c’est à l’ombre du cours principal, capricieux et parfois à rebours du sens des évènements que se bâtissent les petites histoires, celles qui nous intéressent ici et maintenant.

Pour les Parisiens de Semyorka (qui pourraient avoir tiré leur nom d’une arme (ex) soviétique), les choses sérieuses prennent forme dès 2003 avec la rencontre de Magali Sire (chant) et de Nicolas Lartigue (machines et voix), rapidement rejoints par un troisième larron à la guitare (Benoit Luttringer). Un maxi démo voit le jour la même année sert de support à une kyrielle de dates et les signale auprès de quelques radios curieuses. Le présent maxi suivit 3 ans plus tard mais quid toujours d’un véritable album alors qu’entre-temps, le groupe s’est naturellement offert une carte de visite sur Myspace.

En ouverture de "Happiness For Sale", "San Francisco" se glisse dans l’intimité d’une Shirley Manson un lendemain de gueule de bois avant d’aller faire la bringue en sous-sol avec Kathleen Hanna et la Marie de Gomm pour copines (la bien nommée "Song for the Men"). Gageons qu’à l’avenir, ces beats garderont de leur mordant et que cette guitare continuera à jouer les trouble-fête inquiets. Car plus loin ("Lolita Superstar"), l’utilisation du Français sur des rythmes feignants (car mille fois entendus) se révèle une regrettable erreur de parcours à peine corrigée par la relative innocuité de leur missile electro-pop pointé sur les dancefloor de France et de Navarre.

La balistique, bien qu’établie sur de savants calculs, n’étant pas une science exacte, on attend prudemment le prochain tir à l’intérieur d’un bunker re-décoré boule à facettes, light show et projecteurs monstres de fumée...

Voir en ligne : Semyorka

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