Songs Of Green Pheasant // Aerial Days (EP) + Gyllyng Street

Fatcat Records

samedi 24 novembre 2007, par Yannick

Drôle de volatile que ce gibier là, presque un carton miraculeux fait animal, "créé" pour éviter la honte de rentrer bredouille aux tireurs malchanceux ou échoués là par camaraderie contagieuse. A l’inverse de bien des sociétés humaines, c’est le mâle qui fait étalage des couleurs dans sa course à la séduction de petites femelles ternes comme une terre d’Hesbaye en décembre...

Mais rien n’empêche de penser que ladite bestiole dans sa variante "vert(e)" d’occuper une place de choix dans l’imaginaire de Duncan Sumpner, modeste enseignant dans une bourgade reculée de la campagne anglaise (Oughtibridge, du côté de Sheffield) et maître d’œuvre quasi unique de ce vrai faux groupe épargné des sempiternelles querelles d’ego.

Et comme la sagesse populaire (de droite ?) le sait, l’Education laisse bien du temps libre (et non "disponible" dixit l’ex-P.D.G. de TF1) à ses "serviteurs". Une explication bien commode au rythme de sortie de disques somme toute soutenu du bonhomme : 2 albums et un EP en deux ans ! Qui dit mieux dans les rangs ?

Vue sous un autre éclairage (en jeu d’ombres), Songs Of Green Pheasant serait plutôt l’expression d’un moi intérieur vierge de toute frustration mais que le spectacle de la Nature visible (ce qui est offert aux yeux) et invisible (sa contrepartie imaginaire, fantastique et même mystico-religieuse) ne cesse d’émerveiller et d’inspirer.

On comprendra que si la maison du gros chat est allée le chercher là-bas, c’est parce que ses chansons n’avaient rien à voir avec un quelconque revival celtique ou druidique à l’odeur de pied et de fromage de chèvre rance.

Au milieu des complaintes flottantes de Songs Of Green Pheasant My Bloody Valentine est en résidence chez Mojave 3, Flying Saucer Attack visite le marais en compagnie de Hood et de Liz Frazer (Cocteau Twins), et Bark Psychosis (autre pierre angulaire des 90’s post quelque chose) taille dans la brume à coups d’archets subtilisés aux Rachel’s.

Toute la matière sonore est passée au cutter et au tamis électronique mais le rendu tient davantage de l’aquarelle et de son impression (première) de trouble visuel constitutif. Une musique qui nous fait entendre le chuchotement des elfes (masculins) du XXIème siècle et les imperceptibles mouvements d’agitation et d’inquiétude qui traversent une Nature qui elle, n’a pas oublié son si encombrant hôte, l’homme, et continue de lui susurrer (à l’âme) d’aussi bouleversants murmures.

Ecoutés à la queue leu leu, ces deux disques dont le premier (l’EP) est paru en novembre 2006 (flanqué d’une reprise des Beatles) et le second il y a un gros mois, paraissent n’en former qu’un seul, mais quelques heures bienheureuses passées entre deux enceintes (ou sous le casque) plus tard, on mesure à quel point notre enseignant a dû (secrètement) voler la vedette aux petits champions de l’informatique de son école tant son aisance à coucher et délayer ses textures sonores mi-digitales/mi-organiques s’est affermie.

Un détail cependant, "Gyllyng Street" (pochette en illustration) porte le nom d’une rue mal famée de la ville où notre homme fit ses études il y a une dizaine d’années. Impossible pourtant à l’écoute de pareille musique de déterminer s’il ne s’agît que de bribes de mémoire urbaine bien enfouies et indolore ou de l’origine d’un quelconque évènement traumatique venant contredire ce qui vient d’être écrit ci-plus haut !

La réponse est peut être cachée dans les arbres et les pairies ?

Voir en ligne : Songs Of Green Pheasant

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