St. Vincent // Marry Me

Beggars Banquet

mardi 27 novembre 2007, par Frederic

Qui l’eut cru ? Peut-être pas moi. Mais elle n’en échappe pas moins à une règle d’or de la sanctification. D’abord on accompagne un prophète (en l’occurrence, ici, Sufjan Stevens ou The Polyphonic Spree), puis on vole de ses propres ailes (d’ange, à ce moment-là.) Et si beaucoup de saints restent aujourd’hui inconnus du grand public par faute d’action trop extraordinaire ou de cause trop peu idéale à plaider (qui, dans l’assemblée, connaît l’existence de Saint Tarcicius ?), St. Vincent ne devrait pas faire partie de ceux-là, tant sa prose est éloquente et sa cause, trop irrésistible. Marry Me , lance-t-elle en couverture d’album, où elle s’illustre d’un charme négligé et incertain. Je ne pourrai pas dire non.

Si les chansons s’éclatent en bourrasques de génie et dérapent par moments de manière incontrôlable pour l’auditeur, elles ne manquent cependant pas de cette personnalité qui les ramène toutes au bercail, après le petit tour dans la prairie. Et la mignonne Annie Clark, multi-instumentiste de son état, s’amuse ainsi des genres, se lançant ici dans le clin d’œil au jazz des Glorieuses (Human Racing), là dans une approche plus Tori Amos (sans pour autant glisser dans les travers que cela aurait pu entraîner et même si le titre, Apocalypse Song, le laissait supposer) ou encore ici, dans une approche aux vocaliques et clap claps adorateurs (Marry Me, justement.)

Marry Me, plus qu’une invitation, se fait donc un impératif rendez-vous que je ne manquerai pas, d’autant que St. Vincent se produira ce vendredi 7 décembre au Botanique (Bruxelles). L’album dans les oreilles, répétant à l’envi ses quelques phrasés caractéristiques, je ne pourrai que m’en vouloir, d’ailleurs, d’avoir déjà prévu quelque ce soir-là…

Voir en ligne : St. Vincent

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