Stereolab // Fab Four Suture

Too Pure Records

lundi 20 novembre 2006, par Yannick

Des disques de Stereolab, il en va comme de certaines bonnes connaissances d’études ou de guindaille, on continue à se voir épisodiquement mais jamais on ne tenterait de piper les dés du hasard pour que ces grandes occasions le soient un peu moins. Et à part les maniaques compulsifs d’electro pop (et les rédacteurs du toujours bon canard "Magic") qui passent la moitié de leur vie professionnelle sur les (auto)routes, on ne connaît strictement personne qui ait un jour envisagé de posséder l’entièreté de la disco de Stereolab chez lui (ou elle). Pas plus qu’on ne saurait imaginer une honnête collection à dominante pop sans la présence d’au moins un disque de la bande à Laetitia Sadier (french but chic) & Tim Gane...

Et comme aujourd’hui (23/10/06), on ne se sent aucune envie de (re)défendre un groupe qui, à la différence d’une hydre, fut effectivement très affecté par la disparition de l’une de ses têtes (la regrettée Mary Hansen, décédée en 2002)...

Tout a semble-t-il déjà été largement consigné par écrit(s) à propos de Stereolab, de son goût des motifs géométriques et musicaux répétés à l’infini, de ses obsessions pour les anticipations futuristes telles qu’on les envisageait dans les déjà lointaines 70’s et de ses méritoires efforts à plaider la cause et les charmes d’un anglais "frenchy" de retour sur les terres de France, une poignée de siècles après la fin de la guerre de cent ans (à moins que Stereolab ne nous ait joué un coup "en douce" à la Hastings, 960 années plus tard !).

Que dire de ce "Fab Four Suture", énième compilation de singles sortie en catimini en milieu d’année. Qu’elle ne fera qu’alimenter l’eau au moulin de ceux pour qui la musique de ces prolixes stakhanovistes a adopté dès ses débuts la forme d’un 8 inversé, ou dans un langage mathématique, épousé les contours d’un Espace de Calabi-Yau. Un flux enroulé et entortillé sur lui-même, sans début ni fin, sans départ ni arrivée. Et en effet, l’entrée de ce disque a pour nom "Kyberneticka Babicka Pt 1" et la sortie est signalée par "Kyberneticka Babicka Pt 2", les deux variantes ne se différenciant que dans la durée et par de menus détails. Mais en dernière lecture, on pourra toujours se dire qu’on écoute Stereolab parce que ce groupe propose des odyssées sonores qui dilatent le temps, ou plutôt le suspendent, l’annulent ou le plient en tout sens, parce qu’ici, l’idée du mouvement bascule du côté de la (théorie) de la Relativité (restreinte), qu’on ne va jamais d’un point A à un point B dans un espace absolu et indifférent mais que c’est l’ensemble des coordonnées de ce plan là de réalité qui interagissent et se reconfigurent entre-eux à chaque instant !

Une science-fiction "ligne claire" un rien intello, un brin chair froide et surannée mais qui se vit comme un long et doux instant d’éternité.

Stereolab, plus fort que Valérian !

Voir en ligne : http://www.stereolab.co.uk/

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