Tang // Another thousand days out of this world
Emolution rec.
jeudi 24 mai 2007, par
Je dois bien l’avouer, cet album ne m’a pas plu d’emblée. Mes sentiments étaient partagés entre « putain, ça sonne vraiment bien ce truc » et « mwouais, on a déjà entendu ce genre de machin ». Vous voyez le genre. Et puis en me laissant aller, je me suis littéralement plongé dans l’univers de Tang, en mettant de côté tous les petits préjugés stupides que j’ai parfois juste parce qu’il y a des « on-dit ».
Il a suffit un concert à Tang pour m’agripper et me traîner dans la noirceur du Nord. Dans un sommeil profond et torturé avec pour paysage les sombres industries qui façonnent le bas du ciel, les bâtiments à l’abandon avec leurs murs sales et délavés. Les hurlements incessants qui traversent la tôle ondulée se propagent et brisent toute protestation. La voix crache ses barbelés sur la pulsion destructrice de l’inertie sous jacente aux mécanismes de l’aliénation. Le formidable jeu des deux voix qui se répondent provoque un sacré frisson. Les guitares s’effondrent sur le monde. Le son est énorme et me prend aux tripes tenacement. Des parties sèches, rapides et envenimées aux moments calfeutrés par des passages instrumentaux carrément enivrant, impossible de me détacher de Tang depuis deux semaines déjà... Avec une motivation toute particulière au titre Awake for days qui est construit en véritable crescendo vers un final complètement dévastateur.
Enregistré par Magnus Lindberg, qui a travaillé avec Cult of Luna, Tang balance sont post-hardcore en pleine face et bien au milieu des dents. Ça fait bien mal et ça calme ! En proposant un véritable retour aux sources de l’émocore, Tang teinte sa musique de noise et de post-rock. En conclusion, un album pour ceux qui veulent se défouler, hurler, et se débattre dans leur camisole imaginaire !
Voir en ligne : Tang sur My Space