The Experimental Tropic Blues Band // Hellelujah

Jaune Orange

lundi 12 février 2007, par Frederic

The Experimental Tropic Blues Band fait partie des rares groupes liégeois que j’ai souvent encensés les yeux fermés. Et à raison (selon moi). Depuis que je les connais, le groupe ne m’a que peu déçu, tant musicalement que scéniquement parlant, et leurs tentatives plus décalées (notamment ce concert improvisation avec le poète namurois Eric Brogniet) m’ont définitivement prouvé que le groupe n’est certainement pas le dernier à accepter le danger des sorties hors sentiers battus.

Quand un nouvel "album" sort, en l’occurrence ici, leur premier véritable opus, alcooliquement nommé Hellelujah, ma réjouissance se fait dès lors plutôt grande.

Première déception, cependant : là où Dynamite Boogie, leur précédent ep, rayonnait de beauté graphique, Hellelujah me fait vraiment l’effet d’une tarte au riz dans une vieille vitrine de boulangerie plus lavée depuis 1985. En gros, le graphisme est complètement raté, voire dégueulasse et ne reflète que très mal mon engouement et la "gloire rugueuse" du trio. Une fois passée cette barrière, cependant, plus aucune déception n’ose pointer le bout de son nez. Et c’est tant mieux ! The Experimental Tropic Blues Band est lancé, et bien lancé, et Rene the Renegade débarque dans ma chambre, Jack Daniels plein les mains et la gorge, histoire de crier sa rage de boire et de danser sur mon lit comme un déjanté. Je le regarde deux secondes, éberlué, il me tend la bouteille, je mange le goulot aussitôt et nous voilà lancé pour une soirée rauque à souhait, dansante, très certainement, et, surtout, chaude comme la braise. Mesdames, n’hésitez pas à monter sur la piste, nous allons valser sex ce soir ! Car l’album est une succession irrésistible de tubes blues qui marque la pop au fer rouge, saupoudrée de deux bombes à faire péter le simili moulant de James Brown : The Gambler nous prouve ainsi, s’il en est encore besoin, que le groupe maîtrise avec maestro la tension d’un vieux bar en fin de soirée, et Gangrene Blues traverse des déserts lynchéens que peu de groupes peuvent se vanter d’avoir pu approcher (sinon Lynch lui-même sur son projet Blue Bob). Les voix des trois énergumènes se mélangent à travers les morceaux et crache, chacune à son tour, toute la tourbe que les bonshommes y ont enfermées ces derniers mois.

Mesdames, n’ayez crainte. La soirée sera longue. Mettez-vous à l’aise et laissez-vous tenter par cette petite rasade de jus de pomme amélioré. La piste est ouverte. N’hésitez pas à la fouler de vos menus pieds, je le répète, nous allons valser sex ce soir. Et la sueur de nos corps se mêlera aux cordes grasses des guitares et dans les lits qui retrouveront nos corps exténués.

Voir en ligne : http://www.tropicbluesband.com

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