The Minor Leagues // The Pestilence Is Coming

Datawalost Records

lundi 17 décembre 2007, par Yannick

Maintenant qu’il existe des groupes qui comptent autant de membres en leur sein que parfois de spectateurs dans la salle, que dire de ce modeste quatuor qui s’est attaché pas moins de 42 collaborateurs pour son disque !?

Et quitte à embrouiller les choses, The Minor Leagues y va franco ! Nom probablement emprunté à ces "ligues mineures" liées au base-ball (l’équivalent de nos"équipes réserves" dans le soccer de chez nous) américain (Canada et Mexique inclus), un intitulé d’album prompt à rameuter les lourdes meutes de l’apocalypse métallisée et une pochette digne d’une énième pochade cinématographique (genre "28 Days Later") avec des zombies partout dans la cité dès la fin de la demi-heure.

La réalité est nettement moins prosaïque. Un disque sorti (c’est déjà leur quatrième) dans une confidentialité presque suspecte l’an dernier sur un label U.S. - Datawalost - qui ne semble pas participer à l’inondation d’un marché en pleine décrue et ne faire que ce qui lui plait.

The Minor Leagues correspond davantage à un essai de concrétisation (matérialisation ?) d’une triclée de fantasmes du dénommé Ben Walpole, au chant, au clavier et à l’écriture de l’intégralité des 15 titres de "The Pestilence Is Coming".

Le premier, rameuter un max’ de monde (pour chanter, parler, frapper dans les mains ou jouer de tout ce qui résonne ) au chevet de son bébé, en sus des 4 temps pleins (dont lui) de sa petite entreprise artisanale de pop maximaliste. D’ailleurs pas un (ou une ) n’a été oublié et ils ont tous leur photo en dos de pochette.

En outre, Walpole semble fasciné par la langue française, enfin celle qui "cause près de chez lui", dans sa variante québécoise, si dynamique et presque exotique à nos oreilles. Il lui dédie non seulement une chanson ("French Canadia", logique) mais nous fait entendre, de la bouche même de quelques locuteurs du cru ( et d’ailleurs), et à plus d’une reprise que "Le français est la langue de l’Amour".

Evidement, à l’instar des I’M From Barcelonia, Polyphonic Spree ou encore The Ruby Suns (qui sont quand même 7), les chansons ressemblent à des réunions/feux de camp thématiques avec ateliers de confection chansons prévus au programme et une participation personnelle de chacun grandement souhaitée. Les sujets sont vieux comme la pop 60’s : Beatles, Beach Boys, Byrds (parfois), et Kinks sur le versant orchestral et au zénith de leur période harmonique et baroque. Une fois encore, on s’est joué du pompiérisme en jetant au feu d’étranges pétards multicolores et en ingurgitant des pilules (?) qui mettent des couleurs dans la tête et font entendre les voix qui résonnent dans les nuées célestes !

Mais avant de prétendre battre un autre record loufoque à son prochain album, il serait souhaitable que The Minor Leagues mettent la main sur l’homme providentiel qui sache transformer leur entrain festif et contagieux en autant de réalisations qui se fredonnent aussi rapidement qu’elles ne s’épuisent pas à la 3ème écoute. Des chansons, il y en a beaucoup sur cette plaque mais trop qui s’évanouissent des mémoires dès le moment d’euphorie initial passé. Et vu l’investissement de départ, ça ressemble plus à un gaspillage écologique qu’à une sanction artistique. Ou alors à relire l’intitulé de ce disque comme tristement prémonitoire...

Voir en ligne : The Minor Leagues

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