scène Nameless
The Notwist - interview exclusive
samedi 14 juillet
lundi 25 juin 2007, par
Quoi de mieux pour parler du groupe qu’une petite interview exclusive ?
Vous vous souvenez de Saint-Nicolas ? De l’impatience qu’on avait dans la file, avant d’atterrir sur ses genoux ? On passait la tête pour essayer de l’apercevoir de loin, imaginer les bonbons qu’il pourrait nous donner. On suait un peu, on avait peur, on essayait de se rappeler ce qu’on voulait lui dire, on essayait de se rappeler ce qu’on ne pouvait pas lui dire et puis, une fois en place, sous son imposante barbe blanche et postiche, on se sentait souvent défaillir, on inventait des histoires, on oubliait celles qu’on voulait raconter, on perdait un peu les pédales et finalement, on repartait avec un sachet de chocolats, un sourire jusqu’aux oreilles et l’air un peu con tant qu’on l’a en tête.
Interviewer Markus Acher, pour moi, c’était un peu ça. Installé dans ma chambre, essayant d’être tranquille, mais mon pc (« de merde ») qui se met à ventiler comme jamais, le chien d’un voisin qui n’arrête pas d’aboyer et me voilà obligé à essayer d’entendre une petite voix timide, voire gênée, qui me vient d’Allemagne à travers la magie de Skype. Une voix que je n’avais, évidemment, jamais entendue comme ça, puisque je ne la connaissais que sous chant. Mais quel chant, me diront en cœur les fans qui, comme moi, attendent le successeur de Neon Golden depuis maintenant presque six ans. On ne sait pas vraiment encore quand l’album sortira, me dit pourtant Markus. Peut-être au début de l’année prochain, janvier ou février. Ah. Encore quelques mois donc. Mais six ans, c’est quand même un peu long avant de sortir un nouvel album, non ? On a toujours besoin de temps, de remettre les idées en place, de prendre un peu de distance. Et puis on a beaucoup de projets à côté de Notwist, dans lesquels on s’investit tout autant. Et bon, après, cinq ans passent et on n’a rien vu passer. Time flies. Le temps passent, en effet, et Markus vogue depuis une bonne dizaine d’années entre différents projets portant tous la patte délicate d’un compositeur d’exception : [Rayon->http://www.alientransistor.de/index.php ?level=2&CatID=101.131&inhalt_id=129], [Village Of Savoonga->http://www.midheaven.com/communion/vos_onesheet.html], [Tied & Tickled Trio->http://www.tiedandtickledtrio.com/], [Lali Puna->http://www.lalipuna.de], [13&God->http://www.alientransistor.de/index.php ?level=2&CatID=101.109&inhalt_id=106]. Son frère en fait de même avec Tied & Tickled Trio, 13&God et [Mrs John Soda->http://www.msjohnsoda.de/]. Et puis Martin Gretschmann itou, avec [Console->http://www.console.li/], 13&God ou encore Toxic, et Martin ‘Mecki’ Messerschmid ne contredit pas l’adage de "qui se ressemble s’assemble", puisqu’il officie également au sein de [Junoto->http://www.junoto.de/]* et 13&God. Parfois, c’est difficile, avoue-t-il. Mais on essaye toujours d’avoir une idée par groupe et de bien diviser entre les différents groupes. Pour moi, c’est peut-être un peu plus facile pour la composition des chansons pour Notwist. Je compose avec un pc, de chez moi. Mais j’essaye toujours de me focaliser sur une idée ou un style par groupe. En ce qui concerne The Notwist, les chansons sont vraiment la base de tout. Après, c’est des arrangements et de l’expérimentation. Les arrangements sont toujours différents, même si, au départ, les sons, les notes de base restent les mêmes : on garde toujours guitare, basse et batterie. Et les paroles dans tout ça ? Ce sont toujours des histoires, un peu comme des processus. Quand je dis « je » ou « nous » dans un morceau, ce n’est pas nécessairement moi, mais souvent des personnages ou des histoires que je connais. J’essaie toujours de rester simple, de ne pas utiliser trop de mots. J’écris beaucoup, puis je jette une bonne partie et il reste toujours un petit quelque chose à partir duquel je peux partir dans toutes les directions possibles. J’aime beaucoup les histoires sans début ni fin.
Le nouvel album de Notwist se profile donc tout doucement à l’horizon 2008. Plusieurs années ont séparé la plupart des productions de Notwist, marquant celles-ci d’une évolution toujours prégnante et, parfois, perturbante pour certains qui s’étaient faits fans d’un genre atypique parmi une constante des plus charmantes. Pour nous, il n’y a pas vraiment beaucoup de différence entre les albums. Et le prochain ne me semble pas s’écarter beaucoup de Neon Golden. On a beau ajouter de nouveaux instruments, on travaille toujours de la même manière. Une force à chercher dans l’esprit d’un groupe dont le line-up reste inchangé depuis le début, à l’exception du renfort de Martin Gretschmann en 1997 ? On a beaucoup de projets à côté de Notwist et c’est effectivement plus facile, dès lors, de rester ensemble longtemps. On peut toujours réaliser toutes les idées qu’on a avec les différents groupes dans lesquels on joue.
Un coup d’œil en arrière. Nous sommes en 1989, Markus Acher et son frère Micha décident de faire de la musique avec Martin Messerschmid. On a toujours été très sérieux pour jouer. On voulait faire de la musique et c’était ce qui importait le plus à ce moment-là. Et ça l’est d’ailleurs toujours. Quand je lui parle d’influences, j’entends Markus sourire. Je ne sais pas. On ne peut pas dire que Notwist a été influencé directement par quoi que ce soit. En même temps, je ne considère pas Notwist comme un groupe très original. On retrouve dans nos morceaux tout ce qu’on aime. Je vois plutôt Notwist comme une sorte de produit de toutes ces différentes sortes de musiques.
Aujourd’hui, l’annonce de concerts de Notwist semble en réveiller plus d’un. C’est le retour du groupe-phare, de ceux qu’on revendique comme des pères spirituels. Faut-il rappeler les envies suscitées par la savante alchimie qu’ils ont créée entre pop et électronique ? Là n’est pas mon propos. Toujours est-il que l’année live 2007 de Notwist s’égraine au rythme quatre concerts : les deux premiers se sont passés en avril, au Donaufestival, en Autriche, et en mai, aux fameuses ATP, en Angleterre ; Melt, en Allemagne, accueillera la troisième date (le 13 juillet) tandis que le festival de Dour aura le privilège de refermer cette mini-tournée (si on l’appeler comme cela) le samedi 14 juillet. On a choisi des festivals dans lesquels on avait déjà joué et dans lesquels on avait aimé jouer aussi. On ne voulait pas tourner cette année, pas pendant qu’on travaillait sur le nouvel album. Mais on avait quand même en tête l’idée de faire quelques dates. On jouera certainement deux ou trois nouveaux morceaux à Dour, ça dépend d’où on en sera dans notre travail.
Une interview par téléphone n’est jamais facile. Je raccroche et je me rappelle des sujets que j’ai oublié d’aborder, notamment si The Notwist comptait travailler à nouveau avec Themselves pour un nouvel album de 13&God ou alors les nombreuses bandes-originales de film ou documentaires sur lesquelles Markus a travaillé. Je m’en veux un peu. Mais bon. L’important reste la musique. Alors je me remets un coup de Neon Golden et je tremble déjà à l’idée d’être là, le 14 juillet, devant la scène Nameless, à applaudir ce groupe qui me fait toujours autant frissonner dès les premières notes.
* groupe dont je découvre la composition tardivement et avec grand étonnement, puisque Martin Messerschmid y est annoncé comme "ex-The Notwist". Je n’ai évidemment pas pu poser la question à Markus, mais les prochaines semaines viendront certainement confirmer ou infirmer l’information…
Voir en ligne : The Notwist