Vitaminsforyou // The Legend Of Bird’s Hill
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jeudi 29 novembre 2007, par
Depuis que les disques peuvent se faire dans un 4m_ avec trois fois rien et que ça ne s’entende pas forcément, se vendre ou s’échanger à l’autre bout de la Terre en un tour de clic sans qu’on ait à exposer sa bobine au grand jour (où s’arranger pour qu’elle ressemble un peu moins à celle que l’on traîne, surtout le lundi, au saut du lit), on croule sous les propositions, bonnes ou mauvaises, d’albums faits maison, avec beaucoup d’électronique dedans et autour mais qu’on évitera de passer dans une agora, même moyenne, et surtout de danser dessus !
Ces plaques qui sont un peu comme des cartes postales avec un miroir au verso envoyées par des amis lointains (ou imaginaires) que l’on n’est pas obligé de rencontrer, on a fini par les collectionner. Parce qu’écouter The Postal service, Schneider TM, Styrofoam et tout le catalogue Morr Music, c’est faire causette à soi-même seulement quand on a envie, sans cette flippante incertitude liée à la gestion des affects d’une rencontre "en chair et en os". Des trucs pour la communication type de ce début du XXIème siècle !
Le pourvoyeur de vitamines (pour le moral ou la déprime ?) du jour s’appelle Bryce Kushnier et nous vient de Winnipeg, Canada, un pays où le nombre de jours de gel par an est à peu près équivalent au nombre de jours de pluie d’un petit royaume d’Europe du Nord qui vit tant bien que mal depuis des semaines sans gouvernement. Il annonçait la couleur (grise ?) dès 2003 en intitulant son premier travail enregistré "I’m Sorry Forever And For Always". Ca commençait bien !
Depuis il a accumulé titres sur titres, qui sont au nombre de 19 sur ce "The Legend Of Bird’s Hill", et dont la haute teneur mélancolique est annoncée dès l’évocation des morceaux : "So Long Pleasant Bay", "Whishing I Leaved Near Water", "Being Away Fame" "It’s Always Rainning in Dublin" etc.
Mais on évitera de faire la fine bouche car il y a du glucose et un je-ne-sais-quoi d’ingrédient(s) indéterminé(s) qui rend cette longue mixture de 19 titres absolument digestive et qui, pas un instant, ne semble ralentir la course monotone et circulaire des aiguilles du cadran.
Des guitares, des voix (de filles, de la pub, de la radio, de la TV...), de la flûte, des cordes, du piano posés sur un lit moelleux mais discret de beats humanisés, de craquements douillets et de filtres en forme de ressorts torsadés et silencieux.
Les moments chantés, susurrés, racontés alternent avec des plages instrumentales sans beaucoup de logique, mais sans nuire à l’incohérence joyeuse d’un disque qui paraît davantage réglé sur les mouvements d’humeurs (tranquilles) que traverse un être humain normalement constitué, bien que davantage introverti et rêveur que la moyenne, en 24 heures.
Le psychédélisme sur le mode solitaire en somme.
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