cinéma

Water

Deepa Mehta

mardi 11 septembre 2007, par Frederic

Deepa Mehta clôt avec Water une trilogie sur les éléments : air, feu et eau.

Faute d’avoir vu les deux premiers volets de ce triptique, je me rabats sur le dernier, toujours visible dans les petites salles cossues du Styx, à Ixelles. Et bien m’en a pris. Car Water révèle, à travers ses images contrastées, entre douceur et folie, une société en pleine effervescence, déchirée intrinsèquement entre des envies de liberté et un attachement profond à une culture séculaire. A travers l’histoire de Chuya, une petite fille de sept qui se retrouve veuve avant même de se rendre compte qu’elle était mariée (très belle prestation, au demeurant, de la petite Sarala, "découverte" dans un petit village srilankais), le réalisateur nous dépeint l’Inde de 1938, l’arrivée de Gandhi et la propagation (pas toujours bienvenue) de ses idées. Si on peut regretter à un certain degré un scénario par trop occidentalisé, avec son inévitable histoire d’amour impossible (ultime requiem pour Roméo et Juliette ?), on n’échappera néanmoins pas à l’éclat des couleurs qui, sans nécessairement rappeler les brûlures de Cidade de Deus, s’en rapprochent par les contrastes intéressants entre leur pureté flamboyante et les sourires qui s’en affichent.

Dévoilant un monde qui nous semble souvent trop éloigné, voire inconnu, Water s’inscrit dans cette vague douce d’apprivoisement, par la culture occidentale, de modes de vie "lointains" à travers des images et des sons qui ne peuvent que plaire par leur exotisme communicatif. Le film est bon, simplement, et il est inutile d’en parler plus amplement puisque voilà un film qui se déguste sans arrière pensée et avec les yeux grand ouverts de l’apprentissage.

Voir en ligne : Site officiel

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