We Vs. Death // We Too Are Concerned / We Are Too Concerned
Zabel Muziek
vendredi 24 novembre 2006, par
Les oreilles enchantées par leur split avec Tom Sweetlove, puis quelque peu refroidies par celui avec Green Concorde, j’aborde la nouvelle production des Néerlandais de We Vs. Death avec une petite crainte. Et si ce n’était pas bon ? La question, si elle mérite d’être posée à chaque entrée de jeu, trouve ici rapidement réponse à son pied. Et c’est non. Dès le premier morceau, on se demande même pourquoi on se l’est posée.
C’est assez dire qu’avec ce premier opus "pour eux tous seuls" (les autres, ainsi que mentionnés précédemment, n’étaient que des splits ep), les Bataves s’en donnent à coeur joie et explorent une certaine face du post rock qu’on ne pourra leur reprocher. Ils affinent les coins, polissent les rares âpretés des premières compositions (qui pourtant déjà avaient séduit nos cervelets sans trop de problème) et s’échappent en solitaires vers des paysages connus, mais présentés sous leur angle à eux. C’est-à-dire : petites guitares plaisantes, basse chatoyante et, ne l’oublions pas, une trompette qui vient, évidemment, souligner tous les bons moments de ses notes adoucies. Mais on retrouve en plus aujourd’hui dans We Vs. Death une certaine note de Redneck Manifesto qui, bien que très bien intégrée, ne parvient pas encore à se faire oublier (de même, on y sent également, bien qu’un peu plus loin, quelque chose de Fugazi, notamment sur "Thomas Corner And The Valley Houses" ou encore le côté feutré des compositions de Karate.) Mais le reproche des références parfois trop marquées ne tient pas longtemps la route, tant la qualité de séduction des compositions se fait grande chez les protégés de Zabel Muziek. Ainsi, "(Yes) We Went To Novgorod" s’avance en chantre plus jazzy où la trompette sonne le glas de toute résistance et le groupe nous prouve ici qu’il s’est bel et bien trouvé un son qui lui est sien.
We Too Are Concerned / We Are Too Concerned ne se veut cependant pas un simple album de jolie musique. C’est tout un concept que le groupe nous propose, à travers une sorte de conscientisation à l’environnement ou à certains points plus politiques, développés dans le très beau livret qui accompagne cet album. Loin de tout cliché racoleur, le groupe joue sur la subtilité (à l’instar des compositions, d’ailleurs) en plaçant l’une en face de l’autre quelques citations ou bribes de notes, citant Bruce Springsteen ou Neil Young, apôtres d’une certaine frange révolutionnaire que le groupe remet gentiment en question.
Intelligent sans s’épancher dans l’impertinence, We Vs Death offre donc un premier don de coeur des plus appréciables. Certes, s’ils ne révolutionnent aucun genre, les cinq gaillards donnent néanmoins tout ce qu’ils ont dans le ventre et devraient sans problème réussir le pari de séduire un public encore plus large. Et c’est tout ce qu’on peut leur souhaiter.
Voir en ligne : http://www.wevsdeath.nl