Your Happy End // 7000 Fields

Autoproduction

lundi 7 janvier 2008, par Yannick

On feindra de ne trouver aucune ironie entre le triste devenir de ce site et le nom choisi par le duo français. Et puis, je n’arrive plus à savoir si du proverbe "la musique s’en va, les écrits restent" ou "les écrits s’en vont, la musique reste", laquelle est la juste formulation... ou aurais-je tout inventé ?

"Sea Stones", dans son introduction me rappelle que ça fait un bail qu’on est sans nouvelle de The Apartments, l’un des plus beaux mystères pop que les 90’s pop ont su engendrer, alors qu’on n’a jamais vraiment cessé de les écouter. Et qu’avec une pochette belle à épingler aux murs du salon, cet EP de Your Happy End s’immisce dans le cercle très fermé des objets un peu magiques qui ont ce pouvoir de débanaliser le quotidien sans qu’on soit en mesure de se l’expliquer.

Mais dès la fin de la première moitié de ce titre introductif, ce sont des beats trip hop acoustiques à la Folk Implosion qui viennent taper l’incruste et mettre un peu de sel sur la queue de cette pop qui sait tout des secrets de la mélancolie lumineuse (Drake, Radiohead...).

Il n’y a que 4 titres sur cette carte de visite parue début 2007, signée par un duo du Havre plus tout jeune mais déjà l’expression d’une "différence ", la résonance d’une altérité qui se faufile avec la grâce malicieuse d’un duo de matous, entre moments tout à fait aboutis et légers quiproquos (le solo de guitare électrique et le clavier un rien ramenard à la fin du quatrième morceau éponyme) à mettre sur le compte de la difficulté de maintenir un regard panoramique sur l’horizon pop.

On pense à un Tommy Guerrero sans sédatif autant qu’à Thom Yorke, à une virée DJ Shadow/Fink dans le studio de Notwist au milieu des maquettes des dernières productions folk d’Anticon (Bracken, Thee More Shallows..), et on ne fait que peu de cas des habituelles réserves d’usage (l’accent frenchie).

Voir en ligne : Your Happy End

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