premier long métrage de Florian Henckel von Donnersmarck

das leben der anderen

la mue d’un homme dans un pays immobilisé

lundi 7 mai 2007, par Adri

Le premier long métrage de l’allemand Florian Henckel von Donnersmarck touche très fort. Mais sans artifice. Juste grâce à un scénario ultra solide et jamais couru d’avance, un casting irréprochable et une émotion impeccablement dosée.

République Démocratique Allemande, 1984. Un couple, formé par l’écrivain Georges Dreyman (Sébastien Koch) et et la comédienne Christa Maria Sieland (Martina Gedeck) est soupçonné par le gouvernement de ne pas adhérer suffisamment aux idées du parti Communiste. Un agent secret, Wiesler (Ulrich Mühe) est dès lors chargé de les surveiller nuit et jour. Il se lance dans sa mission assidument. Déterminé à les prendre en flagrant délit de révolte, même verbale, face à l’ordre établi.

Wiesler s’installe rapidement dans le grenier de chez Dreyman. Et se met à les écouter. Leurs amis défilent, les uns après les autres. Dont Jerska, un ancien metteur en scène mis à l’index pour ses textes contestataires. Mais jamais Wiesler n’entend un seul mot susceptible d’épingler le couple. Au contraire, il découvre le harcèlement sexuel dont est victime Christa Maria de la part du Premier Ministre...

Petit à petit, Wiesler va modifier son point de vue. Et son attitude. Va remettre en question le système qui jusque alors avait conditionné jusqu’à sa pitoyable vie privée.

A mon sens, l’intérêt principal de La vie des autres se situe dans l’évolution de cet homme. Dans sa modification, image après image. Dans sa mue, discrète et profonde. Son non-besoin de reconnaissance. Sa solitude qui n’entame pas sa détermination. Et la précision du scénario.

Mais cette personnalité en mutation est loin d’être le seul atout de ce film. Il y a autour de Wiesler un casting irréprochable. Quand Dreyman sourit, le monde s’illumine autour de lui. Quand il a mal, sa douleur remplit toute l’écran. De la même façon que Christa Maria Sieland bouleverse le plan à chaque fois qu’elle y entre.

Il y a aussi des scènes saisissantes, montrant tour à tour un viol consenti, des hésitations mettant en jeu la vie d’un autre, des silences orchestrés.

Il y a encore le cadre dans lequel les évènements se déchaînent. La RDA. l’oppression de toute fantaisie, de toute légèreté. Les textes qui doivent traverser la frontière sous le manteau. Les micros cachés derrière les interrupteurs. La description d’une liberté qu’on a aujourd’hui et dont on oublie parfois l’importance.

Voir en ligne : site officiel du film

P.-S.

mes condoléances à la france.

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