Flexa Lyndo / Venus * 13.11.99 (Grand Manège) - Namur

13 novembre 1999, par Anelyse

Force est de constater (tous vos zines belgo-belges de chevet vous le diront aussi bien que moi), qu'il y a du ramdam dans les chaumières du côté de Namur. Et c'est pas nous qui allons nous en plaindre, tant toutes les initiatives pour servir les musiques bien de chez nous (ou d'ailleurs d'ailleurs) sur un plateau d'argent de ce côté-ci de la frontière linguistique nous paraissent les bienvenues!

Après les manifestations joyeuses d'Andenne, de son Bearrock d'été, de ses correspondants de la saison froide au Hangar à Sclaigneaux, il faudra désormais compter en terre namuroise sur le Grand Manège. A l'origine conçu pour canaliser les hennissements de la setion cavalière de la gendarmerie,il semble à présent avoir trouvé une toute autre vocation qui lui sied particulièrement: abreuvoir de décibels, écrin pour combos à fleur de peau et pièces intimistes, on rêverait tous d'avoir une telle salle à côté de chez soi!
D'autant plus qu'elle est modulable en fonction du nombre d'allumés qui se déplacent, et l'air ne semble jamais y être étouffant...du pur plaisir!

Ce soir, on trouvait en majorité des Namurois (mais bon y paraîtrait que des Anversois , des Françaises et une Thaïlandaise se seraient déplacés et je peux certifier qu'au compteur, les Liégeois et Bruxellois faisaient bonne figure!) venus écouter ce que "l'enfant chéri du pays" leur avait concocté comme dernier concert en Wallonie avant un sacré bout de temps (euh ouais , d'abord c'est qu'une bande de menteurs, mais bon on leur pardonnera l'incartade de chez Zelle Louvain-La-Neuve s'ils font un vraiment bon concert).
On doit dire qu'on a pas été déçus, la fêteu était au rendez-vous et ils ont fait cela dans les règles de l'art , le trio à quatre membres (N.B.: l'expression n'est pas de moi, mais de Loïc, le chanteur) de Flexa Lyndo!
Boule à facettes, petite robe d'été Venus pour le bassiste, pour un peu on aurait fait son Travolta sur Saturday Night Fever et on aurait pas été ridicules!

Point de vue musique, un agréable mélange de morceaux aériens de leur L.P. "45 minutes" (Sunny Dreams, Superstar), de compos plus récentes comme Slackers' revenge , le très sympathique Thanks the scene ou l'arrangement de Last Loser version Fnac de Liège (avril 99), de vraies nouvelles choses (un instrumental et deux morceaux frais Probability above us on a sunday morning et prenez votre respiration , everyday I try to change the world but I'm just a fat ass), et même (ça faisait longtemps, trop longtemps) de petites perles des origines du genre Tuxedo (premier morceau enregistré par le groupe sur "September E.P.") avec un très beau son de saxo, ou Sweet Ordinar Life, qu'on a trop rarement l'occasion d'entendre (oui je sais c'est un morceau difficile, dixit Loïc, particulièrement en verve ce soir-là, ça doit être parce qu'on est tous frères de sang même si on ne sort pas tout droit de la maternité Sainte-Catherine, n'est-ce pas? Que ceux qui n'étaient pas là me pardonnent s'ils ne comprennent pas...). Le tout lié à la sauce piquante habituelle : Planet, le doux-amer Garbage is Garbage, le planant Kind of sans oublier les notes hypersautillantes de Sara, Girls on the screen et pour terminer dans la gouaille Happy as you see.

Ouais, y a pas à dire, se replonger dans leurs racines avant la tournée franco-flamando-hollandaise qui se prépare ne leur aura pas fait de tort , que du contraire! Pour la suite, on leur souhaitera donc un bien beau voyage, loin de leurs pénates wallonnes, que, on l'espère,ils ne tarderont pas trop tout de même à regagner!

J'en profite pour signaler à ceux qui comme moi aiment les chouettes groupes bien de chez nous, qu'une compil' rassemblant la crème des jeunes pousses belges a été enregistrée chez Zelle (Louvain-La-Neuve, là même où Flexa Lyndo nous remet le couvert avec les Bordelais sympathiques de Calc ce week-end) au mois de mars dernier. Son titre ? "First Steps and False alarms" . On y trouve entre autres combos plus électro, Austin Lace (62 TV), Mièle , Melon Galia (morceau enregistré dans les studios de Radio 21), et last but not least un très très beau morceau de Sexy Tiger et Waiting there/my own tune de Flexa Lyndo. Le tout vous coûtera à peine plus qu'une place de cinéma, et cette compile est disponible partout (si vous ne trouvez pas n'hésitez allez frapper à la porte du site du label 62 TV , on vous ouvrira: http://62tvrecords.infonie.be). Elle ne devrait pas être la seule plaque enregistrée chez Zelle, alors , surveillez les bacs si vous aimez la fraîcheur!

Passons à présent à la deuxième partie du programme. Pour une fois, j'ai moi aussi un coup de gueule à pousser! Pourquoi diable, est-ce qu'on aurait jamais droit à ce morceau trop bien gardé qu'est Germano's voice? Vu l'importance que semble revêtir la splendide Lisa Germano pour le chanteur Marc Huyghens, on se demande franchement pourquoi ils gradent tout ça rien que pour eux...Bande de négoïstes,va! M'enfin y'a comme qui dirait plus de justice!

A part ça ce fut un concert fort "acceptable" même si moins touchant qu'à la Fnac et moins spontané qu'à Ecoute-Voir (Liège) . On notera qu'ils semblent désormais privilégier la version "easy-listening" de She's so disco (c'est loin d'être un tort!!), que Ballroom a toujours cette belle énergie interne, coupante , même si cette fois Marc ne s'acharne pas contre des pov's bouts de bois mais plutôt contre son micro, que la reprise en anglais d'Amsterdam tient bien la route...A défaut du bien planant I'm the Ocean , ils finissent la soirée par le très mélancolique In a long moan.

Pour Venus aussi c'était le dernier concert belge avant l'an 2000 et les réjouissances qu'on nous promet le 21 janvier aux Halles de Schaerbeek.

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