Ghost   Hypnotic Underworld

Ghost * Hypnotic Underworld (Drag City) - Ghost // Hypnotic Underworld

2 septembre 2004, par Jarod le


Bon, au moins, voilà un disque qui ne nous aura pas pris en traître. Avec une pareille pochette où le samouraï se dispute au psychédélisme d’un transparent brun, un titre on ne peut plus explicite sur ses intentions, et un nom ectoplasmique bien significatif pour un groupe de 6 petits bonhommes direct from l’île du Soleil Levant.
Tout est là, harpe, violon, claviers, percussions diverses, flûtes et flûtiaux, 6 cordes, 12 cordes, 18 cordes, bouzouki, saxophone, triangle et humour nippon (concept ancestral dont la clé de voûte n’a toujours pas été déchiffrée).

Deux conclusions s’imposent donc, comme aurait dit mon cher professeur de Droit Civil : la première, c’est que la demi-heure suivante n’aura rien de complètement normale, étant entendu l’intenable proportion qu’ont depuis la nuit des temps les groupes japonais aux bizarreries totales. La seconde, c’est que ce disque est encore plus dense et moins danse que l’on ne pouvait se l’imaginer au départ. Aussi fouillis qu’un sac de femme en période de solde monstre. Aussi décalé dans l’espace-temps qu’un viking paumé en plein bar strip d’Osaka Nord, le Pink Floyd en boucle sous le casque, marmonant sans fin "kill the hippies, kill the hippies"... Aussi imperméable à première vue que ma tente Décathlon Super Blizzard Gortex qui nous sauva naguère de la noyade au milieu des torrents irlandais, paix à son âme.

Quasi-instrumental de bout en bout, jouant de complexité là où Mono privilégie la puissance, Ghost s’avère à l’image de son nom, une apparition fantomatique dont on tente encore de saisir une trace alors que déjà claque avec fracas la lourde porte d’entrée, nous laissant tout pantelant de froid au milieu de cette grand pièce où les murs changent de couleur à la vitesse du Tokyo-Kyoto lancé à pleine allure.

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