GODSPEED YOU BLACK EMPEROR * 22.03.00 (l'X) - Montréal

22 mars 2000, par Arnaud C

Dans une vie il y a des jours à bannir à tout jamais de notre mémoire, des jours que l’on ne voit pas s’égrener ou encore des jours dont on ne se souvient même plus tellement ils furent insipides. Cependant nous avons tous eu des journées synonymes de premières fois : premiers baisers, premiers boutons, premiers ébats, premiers boulots,… . Ce mercredi c’était mon premier concert de GOD SPEED YOU BLACK EMPEROR et je n’avais qu’une seule certitude : je ne serais plus jamais le même après coup.

Les descriptions des prestations de " l’organisation " montréalaise ont toujours été encensées, histoire de rajouter encore plus de sueur sur mon front et d’attentes inqualifiables.

Cette dernière soirée de récolte de fonds pour diverses organisations sans but lucratif ( GSYBE en tête d’affiche les trois soirs ) affichait complet. Force est d’avouer qu’une fois débarqué dans les lieux je comprenais pourquoi : 250 places en oubliant quelques membres, au sous-sol d’un édifice en perdition, habituellement un repère de punks et amateurs skatoïdes.

Les draps étaient disposés en arrière-scène, ouf nous aurions les images avec le son. En parlant de scène, celle-ci ne devait pas faire plus de 2m sur 7 et c’est là que neuf personnes devaient s’entasser pour un moment inoubliable.

Ils arrivèrent au compte-gouttes comme si de rien n’était, s’imbriquant et se disposant, enfin prêt à nous délivrer de notre somptueux quotidien. Pour la petite histoire et pour être exhaustif je m’en voudrais de ne pas vous détailler le line-up du groupe : 2 bass, 3 guitares, 1violoncelle, 1 violon et 2 percussionnistes-batteurs sans oublier le projectionniste.

Il ne m’a fallu que quelques notes pour voir apparaître les premiers signes avant-coureurs du Tsunami GSYBE et ses effets immédiats. Frissons et ébahissements pour une bonne partie de la prestation, une douceur mêlée de tension envahissait alors la place. Des pièces qui s’articulent autour d’un crescendo tantôt doux, tantôt stressant. A la manière d’un Ennio Moriccone rehaussé de samplers, GSYBE nous installe dans sa bulle et nous transporte vers des sommets orchestrés de main de maître. Chaque titre est une histoire et chaque histoire à ses images, d’une durée variant de 4 minutes ( très très court pour ceux qui connaissent le groupe ) à 20 minutes, la musique vous capte et vous paralyse au point de ne plus supporter sa propre respiration.

Si l’au-delà existe…ce sera God Speed You Black Emperor ou pas.

Il ne vous reste plus qu’à vous procurer un billet pour voir GSYBE avec Fly Pan Am et Radar Bros ce 9 avril au club de l’AB au risque de le regretter à jamais.

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