Interview des Hurlements d’léo * Les Hurlements d’léo (Avril 2001)

2 avril 2001

La caves aux poètes (à Roubaix) a raisonné des hurlements d’léo les 1 et 2 décembre. A cette occasion Jojo, Pépito, Benoît , et Zébulon ont accepté de nous parler de leur nouvel album, la belle affaire, qu’ils définissent toujours avec ironie de chanson-punk-caravaning, façon peut-être d’éviter d’être catalogué dans les traditionnels tiroirs de la musique ; ainsi que de leurs projets et des amis.




La Belle Affaire est votre deuxième album et pourtant vous ne faites pas tellement parler de vous. Vous n’aimez pas les interviews ou c’est un moyen de vous préserver ?



Zébulon :On est pas très sollicité pour en faire, à vrai dire quand c’est comme avec toi , quelqu’un de charmant qui a bien préparé l’interview ça va, mais on court pas après. On en fait quand même pas mal.
Benoît : surtout en ce moment, on attaque la tournée pour le deuxième album.



Avec le recul comme vous voyez le Café de jours heureux ?



Pépito :C’est un petit peu le mot qu’on a l’habitude de dire, c’est un truc fait dans l’urgence, mais qui représente, peut-être avec moins d’énergie que sur scène, ce qu’on fait avant tout. Le deuxième album est plus posé, on a fait plus de studio, plus de choix dans les sons, dans les arrangements. Après ça a été un truc qu’il fallait voir et répéter pour voir comment ça pouvait sonner en concert. Maintenant en mélangeant le premier et le deuxième album on arrive à avoir une touche en concert qui reste festive et aussi à la fois plus posée, peut-être un peu moins énervée, on se détend un peu plus.
Jojo :ça dépend des morceaux, on fait tout le temps ce qu’on aime. Il y a plus de morceaux calmes.



Mais on vous a facilement collé l’étiquette de musique de poivrot, ça ne vous a pas un peu gêné?



Benoît :Non, en même temps ce qui était dit les textes, ça tournait pas mal autours de ça. Ouais, on s’en est sorti un peu, mais celui dont on parle, on passe toujours boire un petit coup au comptoir.
Zébulon : effectivement, on pensait que si le deuxième album n’avait pas forcément cette réputation, c’était pas plus mal non plus. On avait bien travaillé ça sur le premier, c’était le thème qui fédéré tout le disque, alors que le deuxième est plus varié. Mais par contre, à part Jojo parce qu’il a plus le droit de conduire, on boit toujours à peu près autant qu’avant.
Jojo : Mais moi aussi puisque j’ai plus le droit de conduire.



Comment s’est passée l’écriture de ce nouvel album, on a l’impression qu’il est plus collectif ?



Zébulon et Benoît : Tu as tout à fait raison, on aurait répondu ça à ta question.
Pépito : au début pour le café des jours heureux, quelques morceaux avaient déjà été écrits avant l’album, par deux ou trois personnes. Pour ma part, je suis arrivé en plein milieu du chemin, on a essayé de se placer avec Benoît. Après le deuxième album, on l’a fait tous ensemble.
Benoît : il y a peut-être plus d’influences mêlées, ce qui donnent un album avec des passages, j’oserais presque utiliser le terme de fusion, même s’il y a quelques années ça ne voulait pas dire ça ; mélange d’influences qui peut se retrouver dans un même morceau.
Zébulon : Après en même temps on sait pas mal amusé à le faire et j’espère que les gens qui écoutent s’en aperçoivent.




Sur votre album, vous avait invité les ogres de barback, ça s’est passé comment ?



Zébulon : C’est une longue histoire, qui ne demande qu’à aller plus loin voire très loin, on a commencé à jouer avec eux sur une date ou deux sous leur chapiteau et finalement on s’est senti disons groupe numéro deux du chapiteau. On a décidé de faire à peu près tout avec les ogres, c’est à dire qu’on a comme projet une petite dizaine de dates en plateau, jusqu’à la fin de l’année. Il y a surtout une tournée qui est prévue pour l’été 2001 avec les ogres sous leur chapiteau en Europe, là c’est un gros projet de trois mois, elles est prévue mais pas encore organisée. Mais, moi je n’est pas trop eu la sensation qu’on invitait les ogres, on a invité surtout Alice et Sam. C’est plus, on a invité deux copains, au même titre qu’on a invité Caro sur Poèmes, qu’on a invité plein de monde, des groupes du local de Bordeaux sur le morceau qui s’appelle Wechtival, Marco sur à bout de souffle.



Dans le peu d’interviews que j’ai pu lire ou entendre de vous, vous parlez souvent de punk, est-ce qu’on peu faire du punk avec des instruments acoustiques ?



Zébulon : selon moi le punk c’est pas une musique, c’est un attitude. C’est à dire que tu as des groupes de punk qui font du reggae, tu as des punks qui font du rap. On joue un peu avec ça, on trouve ça marrant, en même temps on a pas de chien dans le camion, on a pas le look ou sans le vouloir. C’est l’attitude de jouer en D2.
Benoît : c’est aussi une référence à une influence commune qu’on a, qui est les année 80 et tout le mouvement alternatif qu’on réécoute de plus en plus dans le camion.
Zébulon : Après, pour moi le plus gros punk que je connais, je crois que c’est Fredo, le chanteur des ogres, lui c’est un super punk ; tous les ogres c’est des supers punks, parce qu’ils jouent à fond ; c’est à dire qu’ils ont tous un instrument, mais à côté ils ont des instruments où ils débutent, mais ils font tout à fond. Je crois que tout à fond c’est la devise que doit avoir le punk et que nous on essaye d’avoir au maximum.



Vous avez aussi participé au projet c’est Noël.



Benoît : tu nous invites à parler de c’est Noël, on t’en remercie. C’est noël, c’est avant tout une fête chrétienne, non c’est un titre des oisillons tombés du nid, qui sont à la base de ce projet là, notamment Patrice des oisillons. Patrice a souhaité réunir tout un collectif de musiciens bordelais, qui est assez conséquent pour enregistrer une version de c’est Noël, et cet enregistrement est sur un cd qui est vendu au profit de l’association Sésame autisme aquitaine. Mais c’est un peu difficile à mettre en place ce type de disque chez les disquaires.
Zébulon :malgré cela, ce que tu n’as pas dit, les gens ne le savent pas encore mais c’est le tube de noël.



Votre passion c’est surtout la scène, et vous avez prévu un tournée en Afrique, c’est quoi ce projet ?



Zébulon :d’abord il y a quand même une tournée en France assez conséquente. Il y a une tournée prévue en Afrique centrale du 09 février au 08 mars, on va aller dans plein de pays ; en Guinée équatoriale, au Gabon, en Centre Afrique même si il y a la guerre, on va allez au Congo Brazza, au Congo Kinshasa, au Cameroun et au Tchad même si il y a la guerre là-bas aussi. On a quand même refusé l’Angola et la Soudan, c’est une tournée organisée par tous les instituts français des villes en question qui font tous les ans venir un groupe, cette année, ils voulaient un groupe qui est beaucoup plus connu que nous, mais ils n’ont pas pu l’avoir, et ils ont eu nous. Un jour on nous a dit vous allez faire une tournée en Afrique centrale et on a dit « Ah bon ». On s’est pas encore comment l’appréhender, on s’occupe surtout d’avoir les bons vaccins. Après j’aimerais bien qu’on en fasse quelque chose, que ça ne reste pas de la consommation de concerts. On va vraiment vers l’inconnu.



Mathilde

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