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kiki de montparnasse

la muse des années folles inspire Catel et Bocquet

vendredi 13 avril 2007, par Adri

Elle était le violon d’Ingres de Man Ray. Les formes généreuses sur lesquelles il posa les ouvertures de l’instrument. Mais elle était avant tout Alice Prin. Catel et Bocquet racontent son histoire dans un superbe album noir et blanc.

Elle est née en 1901, la petite Alice Prin. D’une mère prostituée et d’un homme déjà papa ailleurs. De petites têtes blondes et (trop ?) propres. Alice, elle, a sans cesse les joues (creuses) sales, à force de courir partout avec ses cousins, que la grand-mère a également recueillis.

Puis un jour, elle prend le train. Direction Paris. Et devient modèle. Non, pas putain, modèle. A l’époque aussi, ils confondaient. Mais Alice, devenue Kiki, a le caractère nécessaire pour ne pas se laisser faire. Elle mord. Et une fois repérée pour ses merveilleuses formes, elle n’en finira pas de montrer ses seins. Entre autres. A la façon d’une modèle, pas d’une putain. Elle cotoiera Kisling, Modigliani, Soutine, le Japonais Tsuguharu, Breton, Eluard, Tzara... et bien sur Man Ray.

Entre eux deux, une passion folle. Ravageuse. Fusionnelle. Destructrice le jour où Man Ray lui dit qu’ils ne s’aiment pas, qu’ils baisent. Mais c’est lui qui fera de Kiki son plus célèbre cliché. Son violon d’Ingres.

Pour beaucoup, elle a été une muse. Et pour beaucoup d’autres, elle reste l’icône d’une époque révolue, de libertinage et de vie sous les toits. Mais Catel et Bocquet vont plus loin que ça dans la description du personnage. Ils s’immiscent jusqu’à Alice Prin, la Kiki qu’on ne photographie pas. Qu’on ne sculpte pas. Qui garde ses habits sales et boit du vin rouge en cachette.

On a parfois l’impression qu’ils l’ont connue, Kiki. Et puis, il y a cette phrase, que je ne peux m’empêcher de croire qu’elle a vraiment dite. Au moment où sa mère décède, une amie lui demande : "Elle te manque ?" Et elle de répondre : "Elle m’a toujours manqué".

On m’assure qu’il n’y a pas d’enregistrement de Kiki. Que tout est basé sur l’imaginaire et les témoignages rapportés jusqu’aux oreilles de deux complices bédéphiles. On ne peut que saluer toute la sensualité, la sobriété et la délicatesse qu’ils ont mis dans les trous.

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