la fa connected // Urban

C& P/La Fa connected

dimanche 23 décembre 2007, par Yannick

Un quatuor grand-ducal qui tire plutôt son plan dans une descendance du post punk/core (emo quelque chose..) envahie par une chienlit de boutonneux souffreteux et ramenards. Ca se passe près de chez-nous...

Sûr que le Gand Duché de Luxembourg truste plus facilement les classements évaluant les performances économiques et sociales des états de l’UE que les poll musicaux de quelque nature que ce soit. Avec à peine plus de 300 000 têtes de pipe et une vallonnée de petite ville tranquille pour capitale, ce joli bout de verdure où votre argent se sent bien aussi n’a pas les statistiques de la frustration rock & rollienne pour lui. Même si Brian Molko y a grandi et qu’il s’y passe de plus en plus de choses côtés concerts.

Mais il serait trop simple de croire qu’un PIB beau comme un sou neuf suffit à évacuer l’ennui et le minimum de tiraillements existentiels à l’origine de la création de la plupart des groupes (c’est la légende qui veut ça !), ce qui expliquerait en partie l’exceptionnel score des Suédois dans toutes les disciplines rock.

Là où les choses deviennent un poil gonflantes, ce sont toutes les précautions sémantiques qu’il faut à présent adopter pour éviter d’employer le mot emo, parce que la fa connected (les 4 ne mettent pas de majuscules dans leur bio alors moi non plus !) n’a strictement rien à faire dans le carrousel des My Chemical Romance, Thrice et autres Funeral For A Friend, plus enfants du metal que rejetons du punk et du hardcore, et qui ont fait de la diarrhée démonstrative (tous les styles défilent à la queue leu leu) un non-genre vestimentaire et lucratif.

Au jeu des influences principalement américaines et indie, les Grand-Ducaux ont le nez fin de ne retenir que le meilleur : Des finauds du label Dischord (Fugazi) aux régulièrement éclairés de Jade Tree (Jets To Brazil...), de Jawbox à Fire Theft, d’At The Drive In à Sparta (très peu pour eux le prog de Mars Volta), de Samian à Promise Ring (1ère époque), de Texas Is The Reason à Rival Schools et à Undeclinable... que du beau monde et personne en particulier pour tirer la couverture à lui !

Leurs chansons ne restent pas figées sur le basique basculement calme/tempête et empruntent détours et bifurcations mélodiques à foison ("Not Yet In Manhattan") , mais qui à aucun moment ne provoquent de baisses du niveau de tension. Simone Ramos au chant tient la corde de la mélopée branchée sur quelques milliers de volts ("Third Person Monologue"), ne cédant pas un pouce à l’emportement facile et à l’effondrement calculé tandis que les trois autres rivalisent de concision (la quiétude (in)tranquille de l’instrumental "Islandic Winter"), à défaut il est vrai d’une originalité par trop embryonnaire.

A regret de ne pouvoir y déceler le potentiel d’un buzz éventuel sur Myspace (le disque est sorti en avril 07), on recevra la fa connected comme un vent de fraîcheur balayant un territoire musical qui sent à présent le plastic et les alcool pops et que l’on croyait définitivement cédé aux marchands de fringues, de teintures capillaires et de shampoings.

Et puis on n’aimerait obtenir une explication sur ce sample conclusif de Jacques Brel (à propos de la jeunesse !) à la fin de "Swastika Signs" ?

Voir en ligne : la fa connected

Rubriques

Dans la même rubrique