théâtre

la vague à l’âme

fernando pessoa, à travers christian leblicq

samedi 20 janvier 2007, par Adri

Une accordéoniste et un poète font revivre Pessoa au Centre Culturel Jacques Franck jusqu’au 3 février. Emotion, introspection et frissons.

"Tout ce que je voudrais entendre, c’est un enfant dire, non pas "j’ai envie de pleurer", mais "j’ai envie de larmes"". Fernando Pessoa

Il y a deux ans, à vue de nez, que j’ai découvert La vague à l’âme. Depuis, Fernando Pessoa a pour moi les traits du comédien René Georges. Je ne sais pas à quoi celui-ci ressemble sans sa moustache et ses cheveux noircis. Et je ne veux pas le savoir, pas maintenant. Il restera encore un peu Pessoa. Simplement. Le poète qui, la main tremblante, crie sa lucidité et sa folie, comme si l’un ne pouvait venir sans l’autre.

Face au comédien, il y a Monique Gelders. Une accordéoniste hors du commun. Tendresse, compassion et "saudade" jaillissent de son instrument. Elle apaise les mots hurlés par son compagnon de scène. Leur offre un prolongement. Une douceur d’atterrissage. Avec son regard fou, elle soutient toute la détresse de l’homme. Intensément.

Tous deux ont été choisis par Christian Leblicq pour interpréter son adaptation de l’oeuvre du Portugais. Lui-même ayant, selon ses propres termes, été choisi par le poète. "Je ne décide rien", affirme le créateur d’Hypothésarts. On a du mal à y croire quand on voit le résultat. L’émotion transmise. La justesse bouleversante du ton. La rigueur dans la liberté.

La vague à l’âme a été montée en 1998. Depuis, elle revient, par vagues justement. Elle est à marée haute au centre culturel Jacques Franck, à Saint-Gilles, jusqu’au 3 février. Dans ce cadre aura lieu la projection du film "Requiem" d’Alain Tanner le 2 février à 20h.

"Quand la mort approche, il faut se souvenir que le jour meurt, lui aussi. Et que le couchant est beau et qu’elle est belle la nuit qui reste". Fernando Pessoa.

Voir en ligne : http://centreculturel.be/cc/ccpages...

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