Les Hurlements d’Léo * 01.12.00 (la cave aux poètes) - Roubaix
2 avril 2001Les
Hurlements d’Léo à Roubaix
Depuis leur passage sous le chapiteau Latcho Drom avec les Ogres de Barback, nous n’avions pas revu les Hurlements d’léo dans le nord, et cela faisait un grand vide. Mais il fallait bien qu’il aillent en studio pour enregistrer leur deuxième album La belle affaire. De retour sur le bitume français, ils font l’Elysée Montmartre, mais n’en oublient pas pour autant les petites salles de province, et sont de retour à Roubaix les 1er et 2 décembre, pour le plus grand plaisir des gens présents et de la salle.
Pour la seconde fois donc, les hurlements d’léo ont choisi Roubaix et la cave aux poètes pour poser leurs valises pendant deux jours. A l’heure où certains groupes français, soi-disant indépendants et accessibles, ont des problèmes d’égaux surdimensionnés ; les hurlements d’léo s’amusent et s’adaptent aux quelques difficultés techniques qu’occasionnent les 2m05 de hauteur de la salle. Malgré cela, le groupe est très présent, la valise est posée et ma foi qu’elle belle affaire que ces deux concerts. Le public ne s’y est pas trompé non plus et est bien là lui aussi, il scande, applaudit, réagit aux premières notes de certains morceaux ; réclame Léo des VRP. Dès le début, on prend une première claque, en s’apercevant de la connivence entre le groupe et les gens venus, parfois sans connaître, à ces concerts. Les morceaux s’égrainent et on a de plus en plus l’impression d’un plaisir partagé et d’une grande complicité au sein du groupe, qui blague ou exécute quelques étranges pas de danse. Comme pour leur deuxième album La belle affaire, on se plait à entrer dans l’univers métissé des Hurlements d’léo. Entre morceaux mélancoliques et morceaux « festifs », les guitares se font hispanisantes sur A bout de souffle, les rythmiques s’accélèrent ; chacun y va de sa petite touche personnelle. Fortement teinté de chanson française « traditionnelle », ils interprètent même le bateau espagnol, d’après un texte de Léo Ferré, le concert est aussi marqué par un petit côté guinguette, un certain folklore quelque peu fanfare et surtout par son somme toute très rock. J’en veux pour preuve la reprise un peu « speedée » de love and hate, l’un des classiques de la Mano Negra et du son des année 80’. Pour complété cette ambiance, devenue intime voire intimiste peut-être un peu aussi due à la taille de la salle ; le groupe s’est adjoint les service de Pax aux lights, qui parfait l’univers sonores de Hurlements d’léo en distillant avec simplicité les lumières. Atout de taille, puisqu’elle s’est se poser sur les morceaux pour leur donner une touche plus intime, comme sur Plus tard, ou plus énergique comme sur Louise. Quand, chacun croit le concert terminé, Rémi prend sa caisse claire, s’installe dans la bar avec le public pour entamer avec les autres quelques morceaux acoustiques dont Wechtival et parfois même Léo. « Plus tard et plus tard, on s’en fout », s’est peut-être là toute la réussite des concerts de Hurlements d’léo, essayer de se donner dans chaque concert sans penser à autre chose que le moment du concert. Le public ne s’y trompe pas et l’émotion est bien là, même si certaines personnes, leur reprocheront : « d’être encore un de ces concerts pour jeunes … », comme à Limoges. C’est vrai que les concerts des Hurlements d’léo vous donnent la bougeotte par cette « fusion » entre la simplicité, l’intimité et le punch voire le punk ; si l’on considère le punk comme un état d’esprit, la volonté de « tout faire à fond » comme le dit Raf. Un groupe à voir et à revoir sans limite, il y aura toujours quelque chose pour vous surprendre chez les Hurlements d’léo.
Mathilde