Les Ogres de Barback * 11.01.01 (l’Empreinte) - Savigny le Temple

2 avril 2001

Jusqu’au jeudi 11 janvier dernier, j’ignorais encore l’existence de Savigny le Temple. Il fallut un concert de ogres de barback pour me faire connaître cette petite bourgade de banlieue parisienne. Entre les tournées avec le chapiteau Latcho Drom, les ogres trouvent encore le temps de se poser dans des petits clubs comme l’empreinte, avec, pour l’occasion, leurs cousins des Hurlements d’léo.




Certes, certains pourront dire que je ne suis pas objective, et que je défends, à tout prix, cette nouvelle scène française. Il est vrai que je me laisse souvent emporter dans des chroniques élogieuses. Mais là, je vous le jure, l’éloge est méritée. Loin des grosses productions, les Ogres de Barback ont su se créer un style de concert qui leur est propre, sans chichi, ni effets de style inutiles. Multi-instumentistes, ils nous le prouvent un fois de plus, mais est-ce encore vraiment nécessaire ? Du trombone à l’accordéon en passant par la flûte traversière ou le piano, tout y est, et pourtant ils ne sont que quatre ; un véritable concentré de talent et d’éclectisme pour notre plus grand plaisir. Et comme le disent si bien les Hurlements d’léo : « les plus grands punks qu’on connaisse, c’est les Ogres, parce qu’ils font tout et à fond… » De morceaux inédits, comme GROSSE TORTUE, qui figureront sur le prochain album ; sortie prévue en avril, en reprises allant de Nery à Pierre Perret, voilà un échantillon de l’univers sonore que vous pourrez découvrir ou redécouvrir en prenant le temps d’aller voir les Ogres. Vous ne serez certainement pas déçu, non plus, de pouvoir profiter en live de morceaux des bien belles galettes que sont Rue du temps et Irfan (le héros). Qui plus est, si vous avez la chance de les croiser un soir avec les Hurlements d’léo, vous pourrez assister à quelques moments « d’anthologie musicale » selon moi ; comme quand Jojo, puis Erwan et Laurent viennent petit à petit participer au morceau DANS UN RUE DE PANAME ; gageons que l’effet est garanti et que vous serez conquis par tous ces moments qui ponctuent le concert. Mais comme ils le disent si bien eux-même, ils ont aussi le record de la chanson la plus triste avec LA LETTRE DE LA FEMME DU GUERRIER, loin de plomber l’atmosphère, ils manient habilement la mélancolie, sans que cela en devienne pour autant trop pesant. Je pourrais même oser leur rajouter le record des chansons pour tomber amoureux…
En bref un concert très difficile à décrire, tellement il est divers. Allez voir ou revoir les Ogres de Barback en concert c’est le seul conseil que je pourrais vous donnez ; loin des sentiers battus ils seront vous conquérir par leur simplicité sur scène et leur immense talent. C’est un beau pied de nez à tous ceux qui croyiez la scène alternative française morte, ou qui imaginez encore qu’elle se limitait à des groupes comme Louise Attaque.






Mathilde



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