little miss sunshine
il ne faut pas toujours choisir entre rire et pleurer
lundi 11 décembre 2006, par
Dans le nouveau film de Jonathan Dayton et Valerie Faris, une famille américaine complétement à l’ouest s’unit autour d’un même rêve : qu’Olive, 7 ans, devienne Little Miss Sunshine.
Dans la famille Hoover, il y a le père, Richard (Greg Kinnear). Persuadé que le monde est divisé en deux catégories, les gagnants et les perdants, il a mis au point un programme en neuf étapes pour que chacun puisse sortir vainqueur de n’importe quelle situation. Et tente de le vendre... Il y a Olive (Abigail Breslin, magnifique), aussi. Surtout. Une adorable petite binoclarde qui n’hésite pas à demander à son oncle pourquoi ses poignets sont bandés quand il sort de l’hôpital. Il y a cet oncle, justement. Frank (Steve Carell), spécialiste de Proust, dont les tendances suicidaires se sont réveillées après qu’un de ses élèves, dont il était éperdument amoureux, l’ait oublié pour un autre. Il a Sheryl, encore. La mère (Toni Collette). Qui essaie de maintenir l’ordre dans cette joyeuse ribambelle complétée par le grand-père (Alan Arkin), hédoniste et héroïnomane. Et il y a Dwayne, enfin (Paul Dano). Adolescent fan de Nietzsche qui a fait voeu de silence jusqu’à son entrée dans la Air Force Academy.
Toute cette famille est réunie autour d’une table et d’un poulet quand le téléphone sonne pour annoncer qu’Olive est sélectionnée pour le concours de Little Miss Sunshine, en Californie. La fillette pousse des cris de joie et toute la folle équipe se met en route dans une vieille VW...pour 1300 kms.
L’intérêt de ce film n’est évidemment pas de savoir si oui ou non Olive sera élue... mais tout ce que sa famille est prête à faire pour qu’elle participe à ce concours ultrakitsch. Et là, ça devient fabuleux. Il y a dans le périple du clan Hoover une dérision complètement touchante, une poésie dingue, un humour désopilant. On passe du rire aux larmes vingt cinq fois en une heure et demie.
Un père qui se ridiculise pour sa progéniture, on l’avait déjà vu. Même Hugh Grant l’a fait, dans "About a boy". Mais pas avec cette magie. Car c’est ça, surtout, l’atout de Little Miss Sunshine. La magie qui sort de ce film. L’alchimie de cette famille complètement à l’ouest. La féérie qui provient de cet assemblage de gens meurtris qui continuent de se marrer. Et qui nous font marrer, en plus. Jusqu’aux larmes.
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