Mickey 3d  Tete

Mickey 3d * Tete (Epic) - Tete

2 avril 2001, par Mathilde

L’air de rien, il en un fait un bout de chemin notre ami Tété depuis la sortie, en publishing chez Sony, de son maxi quatre titres éponyme. Présenté comme une des grandes figures du renouveau de la chanson française, il n’en a pas pour autant pris la grosse tête et sort un premier album d’une étonnante maturité pour un si jeune artiste. Etonnant c’est bien le terme qui convient le mieux à l’air de rien quand on connaît un peu le parcours musical de Tété. En effet d’un maxi entièrement acoustique et très folk, Tété est passé à un musique plus travaillée, avec plus de musiciens comme Evy, le bassiste qui vient poser des rythmiques fort à propos sur les textes léchés de Tété. Mais ce n’est pas tout il s’est même permis de s’adjoindre les services d’une section cuivre sur plusieurs morceaux, fait assez étrange, quand on sait qu’il aimait le côté « dépouillé » de sa musique. Au début, on est surpris voire choqué et on se dit que c’est le label qui a voulu tous ces arrangements, que maintenant il a plus d’argent pour les enregistrements et qu’il se permet plus d’extravagances ; et puis en écoutant posément cette bien belle galette, on se laisse emmener, l’air de rien, dans l’univers tourmenté mais pas pesant de ce musicien. Dans cet univers vous pourrait rencontrer des sonorités très proches des Beatles, dont il se permet une reprise : Eleanor Rigby ; parfois même les arrangements ne sont pas sans vous transporter dans le jazz et l’ambiance de la Nouvelle Orléans. Mais ne vous y trompez pas, Tété n’en oublie les textes, qui nous laissent à penser qu’il est ou sera l’un des grands songwritters français, si ce mot signifie encore quelque chose dans ce pompeux jargon musical, avec lequel on dit tout et surtout n’importe quoi. Laissez vous prendre au charme des interrogations amoureuses d’une jeune fille dans love love love, réfléchissez à ce refrain sur Honni soit : « La politique de l’autruche/C’est la politesses des couards… » ; et biensûr souriez sur Dodeline. Une écriture certes tourmentée, s’inspirant énormément du vécu de cet artiste, mais pleine de sentiments, pas toujours bons, comme le morceau l’abominable Hyde, de poésie dans le meilleur des mondes ; qui se marie à merveille avec la voix rieuse mais écorchée de Tété. L’air de rien, bien que sur le label Epic, est un album sans prétention, humble, d’une rare maturité et unité pour un premier essai.

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