no contest, he is the best

samedi 27 janvier 2007, par Frederic

C’était hier, le grand soir, la soirée de tous les défis, le Top of the Pops d’une seule et unique personne : Sharko, à l’Ancienne Belgique (Bruxelles), présentait enfin en live son nouvel album, Molecule.

Après un petit warm-up deux jours plus tôt, à Liège, Sharko était tout feu tout flamme pour à nouveau faire face à son public, parsemé de tous âges, tous sexes, tous sourires et toutes paroles sur les lèvres. Car depuis son deuxième album, David Bartholomé n’a cessé de se construire une masse impressionnante de fanatiques qui le suivent sur tous les concerts (et j’en ai fait partie, oui, oui.) Hier soir, donc, Dafit débarquait sur scène et annonçait directement la couleur. Le premier morceau s’impose, sombre, et marque les esprits d’une nouvelle couleur : le noir profond que David a toujours voulu cultiver dans ses morceaux les plus personnels et ose enfin mettre en avant. Ces morceaux qui, pour moi, restent d’ailleurs les plus touchants. Et ce n’est pas un hasard si ce sont ceux là qui, sur l’entièreté de la prestation, m’ont paru les plus aboutis. Certes, si l’immédiateté des sentences pop du bonhomme reste sans conteste implacable, elle ne rivalise cependant pas avec l’honnêteté dont David peut faire part dans ses morceaux les plus proches de sa personne. Sweet Protection, No Contest (et c’est là qu’on se dit qu’entre "I’m special" et "I am the best", David a dû pas mal avancer quelque part…), puis un autre morceau où David se la joue cabaret / Tom Waits (superbe morceau, cela dit en passant), ou encore sa reprise de In the name of love (de U2) témoigneront bien de cette perspective qui, si elle reste ombilicale, n’en touche pas moins plus d’une âme sensible. Et la couleur annoncée en début de concert devait ainsi marquer le jeu scénique de Sharko qui laisse désormais derrière lui ses numéros que beaucoup ont qualifié de clowns pour privilégier l’expression malade de ses sensations directes ; Sharko confronte ainsi, sans le vouloir, ses hystéries de Munch aux équations plus show d’un Marc Bolan et aux excitations rocks d’un Mick Jagger rajeuni de quelques dizaines d’année. L’addition fait mouche et David harangue le public qui le lui rend bien. Les gens connaissent ses morceaux par cœur (certaines semblent même tomber dans l’automatisme !) et deux rappels sont nécessaires au groupe pour enfin égrainer ses tubes interplanétaires : Minute, dans un premier temps, et le final sur I went down qui reste pour moi, définitivement, un must live que personne ne devrait ignorer. C’est encore bien dans ce morceau que David célèbre toute sa détresse, soulignée par la guitare de Teuk Henri qui, une nouvelle fois, aura marqué la soirée du sceau de son jeu par moments sublime.

Le nouveau Sharko est arrivé et il est plus que temps d’ouvrir les bouteilles pour fêter ça ! Pour avoir déjà vu le groupe en maintes occasions il y a quelques années, je ne pensais pas un jour avoir à nouveau envie de retourner le voir. Et pourtant. Et pourtant. Me voilà encore une fois converti. C’est quand déjà la prochaine date ?

Photo : Mathieu Drouet

Voir en ligne : http://www.sharko.be

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