SERAFIN   No Push Collide (2)

SERAFIN * No Push Collide (2) (taste media/Naïve) - SERAFIN // No Push Collide (2)

25 novembre 2003, par Jarod

Je me revois encore dans la cour du collège, 1m53 de rébellion contenue dans une chemise à carreaux rouges, les petites lunettes planquées sous la chevelure sale et les cuisses de grenouille enserrées dans un jean délavé, troué, tatoué. Cherchant les coups en poussant le vice jusqu'à remplacer subrepticement Dance 90 par Nevermind en pleine surboum de petits cons persuadés qu'il s'agissait de hard rock. Je me revois dans la cour des grands, écoutant patiemment de vieux cons m'expliquer comment le rock ne valait vraiment le coup qu'à une époque où je n'étais pas né alors qu'eux pataugeaient déjà dans la boue de Woodstock. Et je me vois aujourd'hui expliquer à qui veut l'entendre et aux autres, surtout aux autres, comment le plus grand leader musical de son époque me servait de Cobain lorsque je n'en avais aucun pour partager mes passions adolescentes. J'aurais aimé rencontrer les 4 petits gars de Serafin en ce temps-là, on aurait sûrement passé des après-midi formidables à écouter sans cesse le break d'entrée de " Very Ape " ou la furia désespérée de " Smell like teen spirit ".

10 ans après, ce " No push collide " est le disque de ma génération, il transpire mon enfance à coups de "Lethargy " et d'" Ordinarily me " cent fois rêvés avant d'être couchés sur le premier album du combo anglais, révélation de cette fin d'année 2003 et découvert par les décidément inspirés Taste Media, après le succès de Muse. Un disque plein d'interrogations poignantes (" Who could I be ") de la part de quatre kids baignant toujours autant dans le mal-être existentiel, un leader charismatique et tourmenté dont la voix fait ressurgir dans les mémoires un certain petit gars de la banlieue de Seattle. Un disque puissant de 4 post-adolescents qui ont pris de plein fouet les années 90 : ils en ressortent nantis d'une culture anglaise du single imparable (" Day by day " aux allures de Placebo efficace) qui ne dépareille pourtant pas au milieu d'une collection de morceaux tout aussi poignants, où flotte également l'esprit des Pixies (" No happy ") ou d'un Oasis moins précieux (" Sage waits "). Talkin' about my generation chantait les Who en un autre temps...

http://www.serafin.co.uk/

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