SHELLAC   1000 HURTS

SHELLAC * 1000 HURTS (/) - SHELLAC // 1000 HURTS

8 octobre 2000, par Arnaud

Trois ans, trois longues années de gestation pour voir paraître le troisième album de Shellac, le temps n’a cependant pas calmé la brutalité initiale du trio albinien ( Albini/Weston/Trainer ).At Action Park et Terraform suffirent pour imposer un son, une fureur, une tension unique.Steve Albini n’ayant cessé de produire et reproduire des groupes d’horizons divers ( Paul Newman, Heliogabale, Uzeda, Sloy, Chevelle,… ) au cours de ces dernières années que le temps n’a jamais eu d’emprise sur la formation. Dégagé de toute pression de leur label, Shellac évolue comme bon lui semble, prenant des chemins torturés et tortueux, dénué de toute pudeur, aussi tranchant qu’une faucille. 1000 Hurts est à placer sous le signe de la douleur. Douleur tantôt latente ( Watch Song, Shoe Song ) tantôt violente ( Prayer to God ) qui nous entraîne dans les entrailles du maître de cérémonie, un maître qui se dévoile pour une première fois et nous gratifie même d’une voix que l’on peut considérer « mélodique »( Mama Gina ). 1000 Hurts demande évidemment plus qu’une oreille et ne se digère qu’une fois décanté, un album dénué de toute concession comme il s’en fait peu ou prou. On ne sort hélas pas indemne d’un Shellac, aucune structure rationnelle ne se pointant au large, l’attention est de mise ou le résultat ne se fait attendre : sombrer dans la folie.Un des albums qui marquera au fer rouge sang cette année musicale.

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