Vingt à Trente minutes * Françoiz Breut (Mars 2001)
2 avril 2001
Nous nous sommes demandé, si Françoiz Breut serait la «
définition contemporaine de la muse ». Pour en avoir le cœur
net, nous lui avons demander de nous parler de ce nouvel album, de sa vie…Et
surtout de son projet aux Transmusicales de Rennes du 29 novembre au 2 décembre.
· Voilà trois ans que vous n’aviez pas sortie d’album, que s’est-il passé pendant tout ce temps ?
Juste après la tournée de 27 dates en octobre 1997, je suis tombée enceinte, c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à réellement avoir du travail d’illustration. J’ai illustré un petit livre sorti chez Nathan, puis j’ai eu pas mal de plan à droite à gauche pour des affiches, des pochettes de disques. Entre temps le disque est sorti en Angleterre sur le label BELLA UNION, et nous sommes allés faire un concert à Londres en novembre 1998. L’idée d’un second disque commençait à germer, je prenais des notes dans un petit cahier ça et là, des idées de textes, de thèmes de chanson. Je pensais à comment j’allais travailler, comme Dominique A. était en tournée, il fallait que je trouve d’autres personnes.
· On a beaucoup dit que c’est le duo avec les Louise Attaque qui vous a incité à retourner en studio. Qu’en est-il vraiment, et comment s’est passée cette collaboration ?
Non, déjà avant de les rencontrer et de partir enregistrer avec eux, nous avions, Dominique et moi quelques morceaux dans notre besace. C’était impressionnant, (surtout que je ne les connaissais pas), de se retrouver à travailler avec de nouvelles personnes, on se demande toujours si on va être à la hauteur. J’étais aussi très contente d’avoir rencontrer Gordon Gano ( chanteur de Violent Femmes), dont j’aimais les premiers disques
· Pour votre deuxième album, vous vous êtes entourée d’une panel d’auteurs ( Katerine, Jérôme Minière…). Comment ce choix s’est-il fait ?
Il m’a suffit de dresser une petite liste des gens avec qui j’aimerai travailler, des gens que je connaissais un peu pour avoir tourné, fait des choses sur scène ou en studio. Je les ai contacté un par un et leur ai demandé s’ils étaient intéressés pour m’écrire une ou deux chansons, et de m’envoyer une petite démo sur cassette. Les seules personnes que je ne connaissais pas étaient : Philippe Poirier de Kat Onoma, puis il y avait aussi Isabelle Casier, la chanteuse d’un groupe de Marseille qui avait fait la première partie de Dominique. Ca n’a finalement pas été si facile de choisir, car il y aurait encore eu pas mal de gens avec qui j’aurais aimé travailler.
· De plus comment avez-vous appréhendez le travail avec tous ces auteurs et musiciens ?
Une fois les commandes passées, le rêve aurait été évidemment de faire participer tous les auteurs musicalement pendant l’enregistrement. Lorsque j’ai reçu les démos, nous avons avec Dominique commencé à travailler le squelette des morceaux, guitare voix, puis nous avons formé le groupe. Le travail de groupe a été très intéressant, c’était nouveau de travailler les morceaux et de voir les idées de chacun avancer.
· Seriez-vous d’accord, si on disait de cette album qu’il est plus varié et « moins dépouillé » ?
Je suis entièrement d’accord, c’est ce que je voulais, je souhaitais casser avec le côté un peu terne et monocorde du premier. Je voulais quelque chose de plus accidenté de plus mouvementé dans le rythme. En ce qui concerne les arrangements cordes ce n’était pas forcément prévu. C’était un rêve pour moi qui était particulièrement fan du deuxième album des Tindersticks, pour moi c’était la production idéale. On s’est dit à tel endroit on imagine bien ceci ou cela, puis on a fait appel à nos amis spécialistes des cordes et cuivres : Yann Tiersen, Pierre Bondu et Fabrice Dumont d’Autour de Lucie.
· Si on vous présentez dans votre travail, comme : candide, simple, sensible, sensuelle peut-être même enfantine, que répondriez-vous ?
C’est un portrait flatteur. Je ne sais quoi répondre, à vous de juger.
· Vous allez être tous les soirs du 29 novembre au 2 décembre, aux Transmusicales de Rennes. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce projet, qui, il me semble, allie le dessin et la musique ?
Nous allons donc faire une série de quatre concerts aux Transmusicales dans une petite salle à l’Aire Libre en banlieue de Rennes. En parallèle il y aura une exposition (qui sera itinérante ensuite) qui consistait à mettre en relation mes « deux passions » la musique et le dessin. Il s’agira d’exposer des livres-objets, pièces uniques travaillées, reliées, entièrement bricolées et cousues à la main, manipulables par le visiteur ; ils illustrent une série de huit ou neuf chanson. Le visiteur sera invité à écouter à l’aide d’un lecteur CD les chansons, extraites du premier ou du dernier disque, correspondant au livre. Tout cela sera exposé dans une petite pièce dans laquelle le visiteur pourra s’introduire.
· Comment appréhendez-vous ce projet ?
Je suis assez contente de pouvoir lier les deux, la scène et mon travail plastique, ça m’intéressait d’interpréter d’une autre manière les textes, pas les chansons.
· Sinon comment envisagez-vous la tournée pour vingt à trente mille jours
J’attends les premières réactions après les concerts aux Transmusicales. Pour l’instant on commence à répéter tranquillement, on verra les choses progressivement.
Mathilde